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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:35
La "vente du siècle" a eu lieu à Paris. Pour quelques centaines de millions, des acheteurs du monde entier vont se partager la collection d'oeuvres d'art qu'avaient réunie Pierre Bergé et son compagnon feu Yves Saint-Laurent.

N'ayant pas la moindre compétence dans ce domaine, je me garderai bien d'avoir un avis sur la valeur intrinsèque des objets vendus, ni sur le prix qu'ont payé les collectionneurs, connus ou anonymes, qui ont cassé leur tirelire pour pouvoir contempler dans le salon de leur résidence une toile, une sculpture, un bibelot ayant appartenu au couple PB-YSL.

Passons sur la polémique avec la Chine, désireuse de récupérer deux bronzes en provenance du Sac du Palais d'été à Pékin [ce lien] en octobre 1860 par les troupes franco-anglaises à l'occasion de le seconde guerre de l'opium. Il ne s'agit là que d'un prétexte à l'entretien des mauvaises relations que Pékin tient à conserver avec Paris, relations que la diplomatie française semble bien incapable de maîtriser pour leur rendre la ferme sérénité qui doit être la règle entre états.
On se souvient des tentatives de Mélina Mercouri [ce lien] pour récupérer les frises du Parthenon exposées au British Museum [ce lien], récupérées par Lord Elgin au tout début du XIXème siècle. Ce fut, on le sait, en vain...

En revanche, c'est la masse d'argent qui va passer de main en main qui me choque davantage.

La collection PB-YSL a donc "rapporté" près de 400 millions d'euro. Une bonne partie ira certainement à l'Etat (pour des raisons de droit successoral), une partie du reste ira, aux dires de Pierre Bergé, à des organisations caritatives (en particulier à la lutte contre le SIDA). Le reste reviendra à Pierre Bergé. Peut-être en utilisera-t-il une partie pour poursuivre son soutien financier à d'autres opérations, comme celui des activités politiques de Mme Ségolène Royal...

Il n'en reste pas moins que des masses énormes d'argent ont été consacrées à ce qu'on pourrait considérer comme des dépenses particulièrement improductives, les auteurs des objets n'étant plus là pour profiter de leur travail et de la valeur qui lui est attribuée. Il ne s'agit encore que de spéculation, de pari sur l'avenir, chaque objet incarnant certes une certaine beauté mais également la possibilité d'une plus-value future dont les acquéreurs omettent le plus souvent de parler. PB et YSL eux-mêmes, quand ils ont acquis ces pièces avec les (confortables) revenus qu'ils tiraient de leurs talents propres et du travail (sous toutes ses formes) de leur personnel, ne pouvaient ignorer qu'ils faisaient ce pari sur l'avenir, cet "investissement" susceptible de générer, un jour, de substantielles plus-values.

Ne reste plus qu'à comprendre comment il est souvent si difficile de rémunérer convenablement les "petites mains" des grandes maisons de couture...

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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