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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 13:11
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'au fond on ne sait pas grand chose de ce qui se passe vraiment en Guadeloupe. Il faut bien aussi avouer que je ne passe pas plusieurs heures par jour à écouter la radio, regarder la télévision, éplucher la presse écrite ou surfer sur la toile pour y trouver questions et réponses.

A l'heure où j'écris, je crois savoir que le MEDEF local (qui doit bien avoir les connections nécessaires avec son échelon national) refuse toujours de signer l'accord qui aurait été passé entre le LKP et certaines organisations patronales, avec la bénédiction (?) des autorités préfectorales. On serait en réalité très près d'une solution à cette très longue grève qui va, certes, fragiliser certaines entreprises, mais surtout rendre encore plus difficile la situation économique des travailleurs les plus pauvres (je mets dans cette catégorie non seulement les salariés mais encore tous ceux qui tentent de vivre avec ce qu'on appelle les minimum légaux ou sociaux divers et variés, ou sans aucun subside d'aucune sorte).

A se demander s'il n'y a pas derrière tout cela une intention pas vraiment avouable. Le MEDEF, les grandes entreprises, l'oligarchie locale — et l'Etat — ont-ils intérêt à un accord? Rien n'est moins sûr. Et n'ont-ils pas, au contraire, intérêt à pousser au pourrissement de ce mouvement mené hors des formes classiques de revendication, à faire en sorte que la fameuse revendication "200 euro pour tous" ne puisse être satisfaite, et que le "chaos" s'installe. Il serait alors justifié de faire intervenir la force publique, de ramener l'ordre, tout en passant aux grévistes le goût de se relancer dans d'autres actions, le prix payé aujourd'hui n'étant pas pas près d'être absorbé par ceux qui viennent de perdre des semaines de salaire.

Le corps social sortirait alors d'une très longue grève complètement "sonné", incapable d'envisager d'autres mobilisations dans un proche avenir, et les leaders du mouvement relativement déconsidérés pour un bon moment. La tactique n'est pas nouvelle, et elle est relativement efficace.

Reste à savoir si la politique du pire est digne de nous et de la République, et si, à vouloir trop en faire, on ne sème pas les graines de pires révoltes que personne, alors, ne peut plus contrôler.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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