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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 07:40
A la Société Générale, il paraît que les cadavres bougent encore.

Les dirigeants de la banque, quelque peu ridiculisés il y a quelques mois dans l'affaire Kerviel, sont aujourd'hui montrés du doigt pour s'être attribué, comme si de rien n'était, un bon paquet d'actions sous forme de stock option.

On peut rappeler le mécanisme de cette petite gâterie réservée, comme il se doit, aux plus hautes sphères des directions des entreprises.
Aujourd'hui, les dirigeants reçoivent le droit d'acheter, à un prix déterminé également aujourd'hui, un certain nombre d'actions de leur entreprise. Ils pourront lever cette option au bout d'un certain temps (quelques mois ou quelques années), c'est à dire prendre possession des actions en question, en payer le prix, et les revendre au cours du jour qui aura, par définition, monté, et mettre dans leur poche la plus-value correspondante. Si par malheur le prix de l'action a baissé quand arrive l'échéance, ils renoncent tout simplement à lever l'option, et les choses s'arrêtent là. En un mot comme en cent, c'est vraiment un jeu du genre "Pile je gagne, Face tu perds".
Dans cette intéressante affaire, les dirigeants concernés auraient pu réaliser une belle affaire. Il semble en effet que le cours actuel de la Société Générale ne soit pas au mieux, et il ne devrait que remonter dans les années à venir, sauf catastrophe (mais on déjà dit que dans ce cas, on ne lève pas l'option!). Ainsi, c'était encore plus alléchant...

Il n'est pas inutile de dire que la Société Générale (mais que dire des autres banques, en France ou ailleurs?) est un cadavre véritablement ressuscité.
D'une part, l'état français y a injecté quelques centaines de millions ou quelques milliards en liquide, plus les garanties qui font basculer le risque sur le contribuable (plus de 300 milliards annoncés dès le début de la panique en France), mais elle est aussi une miraculée collatérale du sauvetage (pas encore garanti) du mastodonte de l'assurance AIG, assureur-crédit, qui a transféré directement les fonds reçus du gouvernement états-unien en raison de ses engagements.

Rappelons comment ça marche. Un exportateur français vend un bien à un acheteur espagnol. Pour payer la marchandise, cet Espagnol emprunte à la Société Générale, qui va demander des garanties pour être sûre de revoir son argent. Par ailleurs, elle souscrit une assurance pour garantir doublement le remboursement. C'est là qu'intervient ce qu'on appelle l'assureur-crédit (en France, la COFACE, par exemple). Dans ce cas, c'est peut-être cet organisme, mais c'est aussi un assureur-crédit états-unien, AIG (American International Group). Si le client espagnol ne respecte pas ses engagements, et sous certaines conditions qui sont strictement définies et âprement discutées - faisons confiance aux juristes états-uniens, l'assureur se substitue au débiteur et rembourse à sa place...
C'est de ce système qu'a profité la Société Générale qui, dans le cas contraire, aurait, selon certains, sombré corps et biens.

Et voilà pourquoi le nanoprésident et son équipe ont contraint les dirigeants à renoncer à leurs stock option.
Nul ne sait s'ils trouveront un autre moyen d'arrondir leurs fins de mois, et ce qu'il en est des dirigeants des autres banques sauvées, elles aussi, de la faillite.

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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