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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 17:45
"Persiste et signe...". Vous connaissez la formule, elle clôt un témoignage passé devant l'Autorité.

Voici donc la relation des faits que j'ai donnée ce matin (lundi 23 mars 2009) au commissariat de police, ces faits qui datent de près de deux mois et qui risquent d'envoyer un ami -- et qui pourrait ne pas être un ami, ce serait pareil, devant le Tribunal de Police...

C'est long. Soyez courageux. Si ce n'était pitoyable, ce serait risible.


Altercation entre M. B..., directeur de l'École de musique de Toutes-Aides, et M. Jacques-Dominique Michon [et "Charles"], le 24 janvier 2009 à la maison de quartier de D...


Témoignage



Le contexte de l'incident.


Je suis, depuis plusieurs années, adhérent à l'association École de musique de Toutes-Aides en tant que parent d'élèves, élève moi-même pendant un temps, et aussi membre du conseil d'administration et président de ce CA (du printemps à l'automne 2005) quand, du fait des relations très dégradées entre le président de l'époque et le directeur, M. B., il a fallu assurer " au pied levé " un intérim inconfortable. M. D. S.-P. m'a succédé fin 2005. Son le mandat s'est achevé lors de l'AGO du 29 janvier dernier.


Je ne cache pas que mes relations avec M. B. n'ont jamais été, à l'époque où j'avais la charge de la présidence du CA, très cordiales. J'ai en effet toujours considéré qu'il paraissait vouloir (ab?)user de sa fonction de directeur pour imposer au CA et au président, qui ne sont que des bénévoles, ses orientations et ses décisions, et qu'en particulier il filtrait tendancieusement les relations entre CA et professeurs de l'école. Je me souviens de la manière dont il avait empêché le règlement d'un incident concernant des élèves entre les personnes concernées et le président de l'association en usant d'un subterfuge que j'avais dénoncé en CA, m'attirant de sa part les remarques acerbes dont il a le secret. N'ayant pas été soutenu par le CA, qui devait penser à l'époque qu'un directeur bien installé dans son rôle était plus utile qu'un président qui n'avait pas d'ambition personnelle à défendre, j'avais dû considérer l'incident comme clos, mais le directeur ne m'a jamais pardonné de l'avoir, à cette occasion comme à d'autres, rappelé à son statut de salarié de l'association.


On peut également dire que par la suite, resté membre du CA (où j'ai même été affublé du titre inutile de vice-président du CA), j'ai désapprouvé à plusieurs reprises des orientations générales qui me paraissaient peu conformes à la vocation et aux moyens de notre association.


Enfin, dernière initiative en date qui visait à mobiliser les adhérents d'une association dont nul ne sait aujourd'hui si elle survivra jusqu'à la rentrée prochaine du fait de ses difficultés financières, j'ai publié un compte-rendu de la dernière assemblée générale, moyen à mes yeux de tenir les adhérents au courant des événements, mais aussi de montrer que la gestion de cette association fait preuve d'une certaine obscurité, pour ne pas dire plus.




La soirée du 24 janvier.


Ce jeudi 24 janvier, je me rends à la maison de quartier de D. pour assister au concert de la galette des rois organisé par l'EMTA où se produisent professeurs et élèves. C'est sans enthousiasme que j'y vais, sachant que je vais certainement y rencontrer des gens que je n'aime pas beaucoup, et qui me le rendent bien, c'est à dire les membres d'un conseil d'administration, ainsi que le directeur de l'école de musique qui s'est toujours montré hostile, en particulier à l'époque où j'ai exercé, pour rendre service, la fonction de président de l'association. Mais je fais l'effort pour le dernier de mes enfants qui y est allé avec un de ses camarades, accompagné de ses parents, et qui m'a demandé de le rejoindre.


J'arrive un peu en retard, le spectacle est déjà commencé, et je vais m'installer discrètement dans la salle. J'y retrouve " Charles ", voisin et ami, qui a été, comme moi un temps, membre du CA de l'association, et qui vient écouter son fils, batteur en herbe et déjà bon musicien. Sur la scène, les musiciens donnent le meilleur d'eux-mêmes, à la satisfaction générale.

Nous évoquons ensemble la très prochaine assemblée générale où il sera question de l'avenir immédiat de l'association dont les finances vont plutôt mal - des activités ont dû être suspendues en cours d'année pour faire des économies. Et je lui demande s'il a été question (un appel à la participation des adhérents lancé par le M. Loyal de ce soir, à savoir le directeur, M. B. ?) de cette assemblée générale qui nous paraît très importante. A sa connaissance, il n'en a rien été. Nous décidons alors que je profiterai de l'entr'acte pour aller demander à M. B. d'appeler explicitement à participer à la prochaine assemblée générale.


La conversation avec lui sera courte. Alors que la plupart des gens sont sortis pour déguster boissons et gâteaux, je demande à M. B. s'il a prévu d'appeler à cette AG. Je ne suis pas tellement mal reçu, mais, selon son habitude, il me répond sur un ton mi distrait, mi condescendant que " tout est prévu ". J'insiste en disant que les deux années précédentes ces AG avaient eu lieu devant des publics clairsemés, et " expédiées " (c'est exactement le terme employé) en moins de trois quarts d'heure, ce qui ne me semblait pas correspondre, cette fois, à l'urgence et la gravité des problèmes à traiter. C'est tout juste si une réponse m'est donnée, mon interlocuteur continuant à vaquer à ses occupation. La scène se déroule si on peut dire " sur scène ", sur le " plateau " où évoluent les musiciens alors que la salle doit être à peu près vide.


Je vais donc me dégourdir les jambes, fumer une cigarette, et je reviens m'asseoir à côté de mon ami " Charles " qui me demande le résultat de mes démarches. Je lui explique en peu de mots, me demandant ce que je pourrais bien faire de plus pour arriver à faire prendre conscience aux spectateurs présents, dont beaucoup sont membres de l'association, que leur présence le jeudi suivant à l'AG est souhaitable, voire indispensable vu la situation. C'est ainsi que je décide de lancer moi-même un appel à la participation dès le début de la seconde partie du spectacle.

Les lumières reviennent, M. B. annonce les musiciens. Pendant les quelques secondes qui leur sont nécessaires pour s'installer, je me lève, me dirige vers le micro (qui restera fermé - personne ne m'entendra), et tente de dire quelques mots. M. B. bondit, me bouscule, m'enlève le micro (toujours fermé), en m'interdisant de parler. Je tente de lui expliquer ce que je veux faire et dire, puisqu'il ne semble pas décidé à cette même démarche. Alors, il m'empoigne pour me faire sortir de scène et de la salle. Me sachant plus faible, par la taille, le poids et l'âge, que lui, j'ai la réaction de me laisser choir sur le sol alors qu'il m'empoigne. Il me saisit alors par le col de mon blouson et entreprend de me trainer jusqu'à l'extérieur de la salle. Au passage, je recevrai quelques bons coups de pieds généreusement distribués par quelques personnages venus prêter main forte à mon agresseur, et l'un d'eux, membre du conseil d'administration, se précipitera pour hurler à la cantonade qu'il n'y a[vait] pas de témoins, pas de témoins !!! A se demander pour quelle raison il ne devait pas y avoir de témoins à ce genre de comportement.


Alors que j'étais trainé dehors, comme je viens de le rapporter, et que j'étais surtout soucieux de protéger ma propre personne (et accessoirement ma paire de lunettes), j'ai plus perçu que vu que quelqu'un intervenait en criant quelque chose comme " Arrêtez, M. B., arrêtez, lâchez-le... " C'était " Charles " qui, à la fois scandalisé par le procédé et craignant sans doute que l'incident ne dégénère à mon détriment, tentait d'intervenir pour contraindre le directeur de l'EMTA à renoncer à son geste. C'est ensuite qu'il m'a dit, alors que je me remettais de mes émotions à l'extérieur, avoir frappé mon agresseur pour lui faire, en vain, lâcher prise. Il lui a donc donné un coup qu'il a peut-être qualifié, sous le coup de l'émotion de baffe ou de claque, ou de chique, je ne sais. Bref, il a donc donné ce coup pour me venir en aide, ce dont je le remercie - il a été le seul à réagir - même si ce fut d'une totale inefficacité, compte-tenu de l'inégalité des forces en présence.



Cela se passait un samedi soir. Si le lendemain j'avais quelques ecchymoses en particulier sur la cuisse gauche, je me suis vite convaincu qu'il fallait oublier au plus vite cette altercation et que je devais plutôt me préparer à l'assemblée générale du jeudi suivant, et surtout à m'interdire de polluer des débats utiles en relatant les pitoyables et si peu démocratiques procédés du directeur de l'école.

C'est pour cette même raison que je me suis interdit toute démarche (constat médical des coups reçus, dépôt de plainte ou autre) qui, à mes yeux, aurait pour seul effet de dégrader encore plus les relations entre M. B., accessoirement le conseil d'administration, et moi.


Je me demande aujourd'hui si cette réserve était la bonne attitude à adopter, et si je n'aurais pas dû imaginer que d'autres auraient à subir les conséquences d'une violence à l'origine dirigée contre moi seul. C'est pour cette raison que, par mon témoignage, j'apporte mon soutien à " Charles " qui a été le seul, je le répète, à me défendre alors qu'on pouvait se demander quel sort allait m'être réservé...


 

 

J'ai appelé ce soir la présidente de l'association. J'ai voulu, tout en imaginant qu'elle et son conseil d'administration sont certainement dans l'impossibilité d'agir, ou sans volonté de le faire, ouvrir une porte. M. B. peut encore retirer sa plainte, peut encore clore cet incident misérable autant que disproportionné. Saura-t-il saisir cette chance? Rien n'est moins sûr, hélas.

 

Pour le moment, wait and see.

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Published by J.-D. Michon - dans En avant la musique
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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