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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 12:53
Je vais vous parler de bagnoles. Non pas parce que je vais en acheter une nouvelle qui remplacerait le vénérable monospace que je possède actuellement et qui, malgré les ans, s'avère être un excellent moyen de locomotion. Pas davantage parce que je souhaite participer à la relance en achetant une de ces voitures qui sont censées assurer l'avenir de l'économie. Mais tout simplement parce que je viens d'avoir une conversation avec un vendeur de voitures qui tenait absolument à ce que j'acquière la nouvelle berline Honda hybride (moteur à combustion interne + moteur électrique). Mais d'où venait donc le fichier qui contenait mon numéro de téléphone? Mon interlocuteur a été bien incapable de me donner cette intéressante précision.

Disons-le tout de suite, l'idée de réduire la puissance d'un moteur thermique mal utilisé pour lui adjoindre un moteur électrique a priori "non polluant" n'est pas si sotte. Mais j'ai l'impression que les concepteurs de ces voitures, japonais jusqu'ici puisque les autres en sont encore à regarder passer les trains de la recherche et de l'innovation, ont eux-aussi manqué le coche.

Partons d'un principe: dans un moteur thermique, l'énergie potentiellement contenue dans le carburant est transformée en chaleur, et cette chaleur en travail. Les principes de la thermodynamique nous apprennent que dans ce cas, c'est seulement un tiers de l'énergie d'origine (le pétrole, ou un de ses sous-produits) qui est transformée en travail, le reste étant dispersé dans l'atmosphère sous forme de chaleur.
Dans les moteurs hybrides, on récupère une partie de ce travail pour alimenter un moteur électrique (via des batteries) qui va venir en renfort du moteur thermique (ou en substitution selon les circonstances). On pourra également récupérer une partie de l'énergie cinétique à la décélération pour la stocker dans les batteries, voire installer des cellules photo-voltaïques sur le toit du véhicule. Mais, rien de fondamentalement changé dans cette affaire, puisque le moteur thermique, même amélioré, même "optimisé", continue de gaspiller un tiers de l'énergie primaire sous forme de chaleur. Ce qui fait dire à certain qu'un moteur de voiture est plus efficace comme chaudière dans une maison (2/3 de l'énergie transformée en chaleur) que pour faire mouvoir un véhicule (1/3 disponible sous forme de travail).

On vient de le voir, 100 kw de pétrole donnent au mieux 35 kw de mouvement, et 65 kw de chaleur dispersée dans l'air. Comment faire pour récupérer ces 65 kw et les transformer en travail, ce qui permettrait de disposer de puissances plus élevées à dépense égale, ou de puissances égales à dépense plus faible.

Il y a bien une solution, employée depuis les débuts de l'ère industrielle. Cette chaleur perdue pourrait tout simplement faire bouillir de l'eau, et produire de la vapeur utilisée pour faire tourner les roues via un piston et un embiellage... je viens de réinventer la locomotive... ou produire de l'électricité via un alternateur... je viens de réinventer la centrale thermique.

Il existe encore une possibilité, celle du moteur Stirling, ou "moteur à air chaud", qui n'a besoin que de chaleur d'un côté (le circuit d'eau de refroidissement?) et d'une source plus froide de l'autre (l'air ambiant?) pour mouvoir un piston, une bielle, un alternateur... et alimenter un moteur électrique avec de l'énergie jusqu'ici perdue.

Visiblement, le vendeur de voitures ne voyait pas les choses de cette façon.

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Sur la route
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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