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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 22:48

On a tout dit et tout redit sur le déroulement des événements qui ont eu lieu à Strasbourg lors de la réunion de ce fameux G20, cénacle de puissants qui se sont donné la mission d'organiser de régenter le monde.


On a entendu un ministre de l'intérieur affirmer, avec l'aplomb que seule procure la plus totale mauvaise foi, que la police avait parfaitement rempli sa fonction. On a entendu les témoignages de ceux qui avaient été les victimes des brutalités de la même police, plus habituée à distribuer les coups de pieds et les coups de matraque qu'à compulser les décisions rendues par la Cour européenne des Droits de l'Homme. On a également entendu les remarques et commentaires des " faiseurs d'opinion " qui y sont tous allés de leur science pour expliquer ce qu'il fallait voir, entendre, comprendre. Qu'on me permette d'émettre, à mon tour, quelques idées.


La police a pour fonction de maintenir l'ordre. Or, cet ordre a une nature, une fonction, un objectif, maintenir un état de fait à défaut d'état de droit, une situation sociale et économique, des rapports de force en faveur de ceux qui détiennent aujourd'hui le pouvoir et ne sont pas décidés à le lâcher.

Quel a été, à Strasbourg, comme à Londres un peu plus tôt ou ailleurs, la fonction de la police ? Tout simplement fournir à la presse, qui est tombée, comme un seul homme, dans le panneau, des images qui n'avaient d'autre but que de déconsidérer les opposants, les contestataires, les déviants qui ne croient pas plus à la " refondation du capitalisme " qu'au capitalisme lui-même.


Pour cela, ici comme ailleurs, aujourd'hui comme hier, la police - et les politiques en place - utilisent leurs alliés naturels, ceux que j'appelle une " pègre " en ce sens qu'elle ne répond pas aux critères qui fondent la démocratie. Comme le proxénète qui exploite la (ou le) prostituée ravalée à la situation d'esclave, comme le braqueur de banque qui exerce sa violence contre autrui pour un gain illégitime et immédiat (et rapidement consommé), comme le voyou qui use de la batte de base-ball pour s'emparer du sac à main de la petite vieille, ces cagoulés que nous avons vu procéder à la destruction de biens publics ou privés déchainent contre autrui une violence inutile et gratuite. Sous les yeux d'une police tout à coup incapable de réagir.


Et pourtant, la police connaît chacun de ces casseurs. Ces individus, qui pratiquent le plus souvent une délinquance chronique quand ils ne fréquentent pas, bras levé, les stades de foot-ball, sont en général assez familiers des commissariats... De plus, la police y recrute nombre de ses indicateurs, le renseignement donné achetant une impunité pour quelques fautes à demi vénielles. Et quand ce n'est pas le cas, ce sont des policiers qui noyautent des groupuscules à l'idéologie douteuse, permettant aux " forces de l'ordre " de tout savoir sur leurs intentions. Et le port de la cagoule, qui préserve l'anonymat, permet aussi à certains personnages, à cheval entre des fonctions officielles dans la police et des fonctions moins bien définies dans la " sécurité " ou le " renseignement ", d'opérer sans risque. Donc, rien de plus facile d'organiser l'intervention de ces groupes dits autonomes, dits d'ultra-gauche, dits anarchistes en totale harmonie avec celle des " forces de l'ordre " qui les manipulent... Et on connaît le résultat.


On peut nier tout cela. On peut m'accuser d'affabulation. Mais nos ministres de l'intérieur ont tellement menti, et mentiront tellement... Chacun sait que le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 a fait officiellement - plus de quarante ans plus tard, c'est encore la vérité " historique " - deux ou trois morts tout au plus. Dixit Maurice Papon, criminel contre l'humanité.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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