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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 11:41
Depuis quelques heures, les infirmières et infirmiers libéraux ont renoncé à une liberté, la liberté d'installation. En effet, contre l'augmentation de la tarification de certains de leurs actes, des avantages financiers ou autres pour s'installer dans des régions (ou des "bassins", ou encore des "zones de vie" selon le jargon en cours) qui manquent d'infirmiers(ières), et la perspective de voir s'élargir le champ de leurs compétences, les représentants de cette profession ont accepté de renoncer à cette liberté fondamentale d'installation que défendent encore, bec et ongles et avec quelle vigueur, les médecins.

On peut considérer comme normal qu'une profession qui vit essentiellement, comme presque toutes les professions médicales ou la plus grande partie des agriculteurs, pour ne citer qu'eux, de la redistribution de ressources fiscales ou para-fiscales (impôts, taxes et cotisations directes), se voit imposer des contraintes qui paraissent en rapport avec le service du public concerné. En effet, suivant les départements, les quartiers, et aussi les revenus moyens des habitants, il y a soit pléthore d'infirmiers(ières), soit pénurie criante. Et il est donc nécessaire d'opérer un rééquilibrage de la distribution.

Mais cela implique un certain nombre de conséquences.
D'une part, et ce n'est la moindre, c'est la première brèche dans le sacro-saint principe de la liberté d'installation, et on se demande maintenant combien de temps vont tenir les médecins qui refusent de l'abandonner.
D'autre part, cela va aussi avoir des conséquences économiques. D'un côté, les nouveaux entrants dans cette activité vont peut-être avoir tendance à "faire leur marché" en mettant en concurrence les communes qui manquent d'infirmiers(ières) et en allant vers celles qui proposent les meilleurs conditions financières ou les aides les plus importantes. De l'autre, dans les endroits où la profession est sur-représentée, ceux et celles qui sont déjà en place et qui ne manqueront pas de candidats à leur succession verront le prix de leur clientèle monter naturellement, selon la "loi" dite de "l'offre et de la demande". On peut même dire que cette nouvelle disposition est une prime inespérée pour ceux qui sont déjà en place, puisqu'ils troquent l'éventualité d'une concurrence nouvelle sur un marché où l'offre est trop importante pour la certitude de vendre leur clientèle au meilleur prix à des candidats plus nombreux (et plus avides?).

Ainsi, ce qui pourrait passer pour une saine et bonne mesure m'apparaît comme un moyen de préserver les intérêts des gens déjà en place, la manifestation d'une politique qui préfère, mais nous y sommes habitués, ce que les économistes appellent la "rente" au véritable investissement et à la "prise de risque".

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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