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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 09:48
Je vous ai parlé de ce livre - à mettre dans les mains de tous les lycéens - de Hans Fallada. Une fois lu, il est resté à traîner (je n'ai pas tellement le sens de l'ordre) par terre à côté de mon lit. Et je viens de penser à le ranger sur une étagère, parmi les livres de poche, à la lettre F, entre Exbrayat et Faulkner.

C'est tout d'un coup l'illustration de la couverture qui me frappe, qui me fait subitement comprendre que toutes les dictatures se ressemblent, qu'elles fonctionnent toutes de la même façon, qu'elles font usage des mêmes termes et des mêmes images, pour ne pas dire des mêmes fantasmes. Et que tous ceux qui utilisent ces images, ces slogans, ces fantasmes risquent à chaque instant de succomber à la tentation de la dictature.

Sur cette couverture, la photographie en noir et blanc d'une colonne Morris qui porte une affiche. On y voit un fort travailleur, casquette sur la tête, la masse sur l'épaule, le biceps avantageux qui vous regarde droit dans les yeux. Le texte en bas de l'affiche dit: Nous voulons du travail et du pain! Votez Hitler!

Loin de moi l'idée de vouloir priver les travailleurs de pain et de travail! Mais quand on constate de quelle façon, côté travail et côté pain, le nazisme d'un côté, le lenino-stalinisme de l'autre, et tous leurs avatars successifs, ont réalisé ce voeu, on se demande ce qui pouvait bien les séparer au point d'en faire des ennemis irréductibles. A moins que ce soit notre chance: les chacals se dévorant entre eux, cela laissait une petite chance aux chancelantes démocraties.

L'aurions-nous, jusqu'ici, échappé belle?

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans A lire ou à pâlir
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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