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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 17:48
Même le pompier pyromane, même le ridicule porte-parole de ce parti qui se veut une union pour quelque chose de populaire, y va de sa déclaration d'oie blanche effarouchée (une oie qui a tout de même pas mal d'heures de vol), et proteste, et réclame une "enquête". Une de plus, une de moins, peu importe, mais l'important est d'avoir saisi le premier micro qui passe, d'être dans le champ de la caméra de service pour que tout un chacun sache qu'on a réagi, et vivement. Il paraît que la (je dis "la" car elle préfère qu'on dise "le", c'est juste pour être désagréable) ministre de l'intérieur (très, très énervée en ce moment) va y aller aussi de son enquête pour savoir ce qui s'est passé.

Je voudrais contribuer à l'effort national, apporter ma pierre et faire faire des économies à une France en faillite (dixit Fillon), une France dont les caisses sont vides (dixit celui qu'on voit, ou qu'on croit voir gare St Charles), et qui n'a même plus les moyens d'accueillir un de ses vieux amis, le dénommé Omar Bongo, au Val de Grâce pour l'y soigner à l'oeil, le sus-nommé étant obligé d'aller faire opérer le cancer qui le ronge (le cancer, pas le remords) à Barcelone. A moins que ce choix ne soit dicté par la prudence: imaginez un peu qu'un juge d'instruction mette devant la porte de sa chambre un gendarme chargé de le garder, ou encore qu'il ait encore plus peur que, par le dernier et le plus improbable des hasards, une erreur médicale le fasse passer ad patres pour éviter ses bavardages intempestifs. Cela s'est vu.

Revenons à ma contribution, par laquelle je voudrais faire faire à la République l'économie de temps et d'argent d'une commission. Car moi, je sais ce qui s'est passé.

Un gamin à qui on a volé son vélo croit le voir dans les mains d'un autre. Il le dit à sa mère qui se jette sur son portable pour appeler la police. Aussitôt, on mobilise les forces de l'ordre pour intervenir. Et on va se saisir des délinquants, d'autant plus dangereux qu'ils se cachent sous l'apparence de deux "innocents" de six et dix ans, dit-on. Même qu'il n'ont certainement pas de téléphone portable, ce qui est de nature à aggraver leur cas, comme chacun sait. Allez, hop! on les embarque, et on va tirer ça au clair. Une heure ou deux au poste, dans un de ces lieux où a toujours certaines difficultés à départir les odeurs de jambon-beurre, bière, ou urine (expérience personnelle NdR), avec des types qui courent (mais pas trop vite) dans tous les sens parce qu'ils sont toujours sur les dents pour arrêter des délinquants, de plus en plus de délinquants. Là, ils sont sûrs d'en tenir au moins un, voire deux. Et peu importe l'âge, le fait qu'on ne sache pas vraiment si on a eu le temps de prévenir les parents (ou de les faire venir au poste... pour leur passer les bracelets?), car on sait que c'est dès l'enfance, la petite enfance, la toute petite enfance, presque le berceau de la maternité (et je vous passe l'analyse du placenta, qui pourrait en dévoiler pas mal) les pires déviations sont à l'oeuvre, en germe au moins. Bref, on les cuisine gentiment, on leur demande de dire qu'ils n'ont peut-être pas "volé" mais juste "emprunté", qu'ils ne pensaient pas à mal, et voici tout d'un coup un autre de ces courageux fonctionnaires qui passe à une autre phase, indispensable, avec les menaces d'usage, je vais le dire à tes parents, imagine ce qu'ils vont penser de toi, et tes copains à l'école, bref, tout l'attirail hautement psychologique du commissariat ordinaire. Le plus haut degré de l'intelligence et de la dignité humaine, du moins si on en croit le vocabulaire employé par ses occupants quand ils s'adressent à leurs concitoyens (seconde expérience personnelle NdR).

Pourquoi ce gâchis, cette accumulation d'erreurs, cette bêtise?
Tout simplement parce que ces pauvres flics sont sans cesse poussés à faire "du résultat", n'importe quel résultat, pour plaire à une hiérarchie qui, d'échelon en échelon, cherche à plaire au degré supérieur et tremble d'avoir à subir les foudres de celui qui ne pourra pas, pour assurer sa sécurité et son avenir professionnel, présenter les succès de ses subordonnés. Et cela jusqu'en haut, jusqu'à la très énervée ministre de l'intérieur qui doit, quel qu'en soit le prix, plaire à un homme en perdition politique, et qui n'a d'autre solution pour se rendre un peu sympathique, d'aller roucouler devant les caméras, au risque de nous faire penser que, si les choses se dégradent encore un peu, il finira, comme le disait François Béranger, par nous montrer son cul, puisque l'académie de son épouse n'est plus à dévoiler.

Alors, nos pauvres flics sautent sur tout ce qui bouge, si possible de simple et facile à "élucider". Le pauvre tapin qui gagne durement le pain du maquereau qui sert d'indic, ce cycliste qui brûle un feu rouge à qui on fait un test d'alcoolémie, plus un prélèvement buccal (lutte contre la drogue), ce qui signifie une heure de perdue pour lui mais la chance d'avoir un seul délinquant mais deux, voire trois délits élucidés d'un seul coup, cet automobiliste qui dépasse de 30 ou 40 centimètre sur l'espace "livraisons" et qui prend sa "prune" (et c'est lui-même un policier! Brassens avait raison...), et j'oublie ce motard poursuivi en pleine ville, tellement poursuivi qu'il finit par se tuer (encore un policier - il va falloir recruter).

Alors, il n'y a à mes yeux qu'une hypothèse. Nos gouvernants sont devenus fous. Mais fous de quoi? De peur, sans doute, car la peur est contagieuse et elle gangrène tout.


Je crois que je suis, moi aussi, très énervé. Comme MAM, comme les autres, hélas. Est-ce contagieux aussi? J'espère que non, car j'ai des choses bien plus intéressantes à vous dire.

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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