Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 12:00
Hulot, votre serviteur, a un grand fils, ce qui fait de lui le père d'un adolescent, expérience qui vaut la peine d'être vécue et qu'on peut recommander à tous (mais à consommer avec modération, sans dépasser la dose prescrite).

Depuis bien des années, le grand fils en question pratique la bicyclette, avec des bonheurs divers comme le montre un des albums-photos accessibles sur cette page, mais il est temps aujourd'hui de passer à l'apprentissage de la conduite des véhicules à moteur d'un poids égal ou inférieur à 3.500 kilogrammes. Nous sommes donc allés jusqu'à l'une des zauto-écoles du quartier pour procéder, non à l'inscription pure et simple (et tellement contraignante, quand on y réfléchit), mais à l'évaluation des compétences du jeune homme.

Nous voici donc tous les trois dans la voiture, l'enseignant au volant - qui nous emmène vers un grand parking où nous pourrons manoeuvrer en toute sécurité, le jeune homme à ses côtés et, derrière et silencieux, le père.
Au long du chemin, l'enseignant s'enquiert auprès de son futur élève de ses connaissances: quand la voiture tourne, les roues arrière suivent-elles le même chemin que les roues avant? à quoi servent les pédales qu'on a sous les pieds? à la même vitesse(sic) le moteur tourne-t-il plus vite en première vitesse ou en troisième? Les réponses sont dans la moyenne, ni parfaites, ni mauvaises. Et nous voici sur un immense parking où évoluent déjà deux ou trois voitures-école.

Pas inutile de vérifier quels gestes sont connus d'un futur élève, d'observer ses réactions, de savoir s'il sait répondre aux instructions, et même d'aller un peu plus loin en tentant des manoeuvres qui ne seraient pourtant enseignées qu'au bout de plusieurs heures d'apprentissage.
Ainsi, durant cette heure et demie, nous nous sommes livrés à un petit slalom à allure réduite, le futur élève a (presque) réussi à faire démarrer (précisément, passer de l'immobilité au mouvement dans le premier rapport) la voiture, il a aussi réussi le passage 1ère-2nde, et même le passage des trois premiers rapports... Et au retour, c'est le futur élève qui était au volant, qui a ramené la voiture à notre point de départ en contrôlant volant et clignotants. Et c'est ainsi qu'a été déterminé le volume horaire de la future formation du futur conducteur, soit une trentaine d'heures (ce qui représente le cas de la très grande majorité des élèves).

Mais tout cela m'a laissé dans une très grande perplexité, puisque j'ai eu l'occasion de constater que rien ne semblait avoir changé depuis des années, et que les mauvaises habitudes étaient toujours là, et solidement installées.

Pourquoi avoir fait passer les trois premiers rapports à un jeune homme qui n'a jamais touché à un volant de sa vie, et pourquoi l'avoir mis volontairement dans une situation (en réalité très peu) périlleuse?
Pourquoi, en lui faisant remarquer qu'il était plus difficile de changer de direction en "3ème" qu'en "2ème", lui avoir dit qu'il fallait être en "2ème" dans ce cas? Et ne pas lui avoir fait remarquer que s'il allait "trop vite", c''était parce que son pied droit était resté SUR L'ACCÉLÉRATEUR?
Pourquoi lui avoir montré que, pour ralentir, on rétrograde?
Pourquoi ne pas avoir fait la démonstration du démarrage au volant (et non avec les double commandes côté passager), ce qui permet à l'enseignant de dérégler le siège, le volant, les rétroviseurs, à charge pour l'élève de tout refaire (le contrôle des compétences se fait alors tout seul).
Pourquoi ne pas avoir remarqué qu'il était mal installé au volant, et ne pas lui avoir montré les quelques gestes simples qui permettent de vérifier sa bonne position?
Pourquoi lui avoir laissé, en plus de celui du volant, l'usage du clignotant au retour, gravant ainsi dans son esprit que, pour tourner, il faut mettre son clignotant? Tout comme en vélo, pour tourner, il faut tendre le bras. Mais alors, quand regarde-t-on derrière soi pour savoir si on peut effectuer cette manoeuvre?
Pourquoi...?

Vous le voyez, je suis sorti de la voiture très énervé, tout autant que quand j'avais assisté à une leçon(?) de conduite donnée à la fille d'une de mes amies.
Mais il n'était pas question d'en parler. Et, à la demande de commentaire du moniteur qui voulait savoir ce que je pensais de tout cela, je me suis borné à dire qu'il me semblait qu'on avait beaucoup insisté sur la mécanique et très peu sur le comportement, rappelant au passage la difficulté technique du permis moto en France, et les résultats désastreux montrés par les statistiques (un motard se tue tout seul tous les deux jours, soit près de 200 morts par an).

Il ne restait plus qu'à aller signer le chèque.

Faites de beaux rêves.


Partager cet article

Repost 0
Published by Régis Hulot - dans Sur la route
commenter cet article

commentaires

Alexia 02/08/2009 19:23

Bonsoir,Veuillez m'excuser pour mon orthographe désastreuse . J'attend votre réponse que je lirais dès mon retour de vacances.Sachez que dans notre proféssion très peu d'enseignants restent dans cette branche .Bien à vous Alexia

Régis Hulot 14/08/2009 01:16



Vous avez déjà certainement lu ma réponse. Elle est dans le droit fil
de ce que j'ai vu au cours des années passées, et de ce qui se pratique encore aujourd'hui.

Mais la vie continue, et je vous raconterai les quelques heures consacrées à ma fille qui, elle aussi, aura besoin d'avoir son permis de conduire. D'où la fameuse question de l'évaluation: est-ce
un besoin, une contrainte sociale ou professionnelle (c'est négatif), ou est-ce un véritable désir d'apprendre (c'est positif)... J'aimerais trouver l'andouille qui s'est posé cette question.

Quanr à ces enseignants qui quittent ce travail, nous en reparlerons.

Faites de beaux rêves.



Alexia 31/07/2009 22:36

Bonsoir,Je viens de lire votre sujet sur l'évaluation en auto-école,certe censé mais je pense un peu exagéré , je suis aussi enseignante de la conduite et nous ne travailllont pas tous de la même maniére . Lors de cette évaluation qui devrait dans la logique des choses se faire avant d'être inscrit en auto ecole , comme sa l'éléve décide si oui ou non il veut s'inscrire dans celle ci,moyenant le prix d'une heure de conduite.Mais aucune auto ecole ne pratique cette loi !! Une évaluation doit rester une évaluation,nous devons rechercher les connaissances de la route et de la mécanique de léléve présenter.Lorsque j'evalue un éléve je m'interresse à lui , je l'observe je le guide même parfois , mais je veu qu'il parle avec ses propres mots et ce qu'il connait . J'éssai de faire au plus juste je ne suis ni madame Irma ni madame Soleil.Je les préviens toujours que cela reste une évaluation et que tout dépend de leur motivation de leur progréssion et des difficultées qu'ils pourront rencontrer. je leur explique le livret d'apprentissage etc  ... Il y'a malhuereusement des autos ecoles vereuses qui pourrissent notre métier qui n'est pas toujours des plus évident ,mais il fau aussi savoir se remettre en question et demander de l'aide à ses collègues quand cela coince .J'aime mon métier et je me donne à fond pour mes élèves .Je comprend totalement votre désarois elles sont baclées par le manque de motivation des enseignants . Bien à vous Alexia  

Régis Hulot 01/08/2009 14:30


Chère Alexia,
J'ai bien lu votre commentaire, et je vous en remercie. Comme je viens de vous le dire directement, je vais tenter d'approfondir un peu et de vous dire en quoi, si votre bonne volonté n'est pas à
mettre en doute, ce que j'ai constaté ce jour-là m'a épouvanté...

RH

PS. S'il vous plait, pensez aux vieux machins de mon âge qui ont fait, tout au long de leur scolarité primaire, une dictée quotidienne grâce à laquelle ils ont appris l'orthographe française...
Utilisez votre correcteur orthographique!


Présentation

  • : Le blog de Régis Hulot
  • : Quelques réflexions sur le monde d'aujourd'hui, avec un brin d'humour quand c'est possible.
  • Contact

Imaginons qu'on réfléchisse...

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

Recherche

Archives