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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 03:39
Ces 1400 milliards, c'est, selon le site que je vais visiter de temps à autre (en bas, à gauche, sous le titre "vous allez casquer"), le montant de la dette de la France au moment où j'écris. Malgré l'énormité du montant, sachez qu'il n'est pas nécessaire de se jeter par la fenêtre sans réfléchir, puisque tout est à rapporter à la richesse nationale, aux capacités de production, au potentiel que représentent tous les les individus et toutes les entreprises qui vivent sur le sol national.

Si j'évoque la dette publique française, c'est bien sûr à cause des propos tenus par le nanoprésident de la république devant le congrès des parlementaires à Versailles. N'a-t-il pas proposé de lancer "un grand emprunt" (jamais, dans les discours, il n'est question de "petit") pour financer les dépenses dont dépend l'avenir du pays. Inutile de vous dire que je suis resté coi devant une telle proposition, et que la surprise a été totale. Comment, en effet, réagir, à l'âge aujourd'hui relativement avancé qui est le mien, devant un propos tellement vide de sens, tellement vide de conséquences?

Tout d'abord, emprunter.
Mais pourquoi en parler, puisque c'est ce que fait le gouvernement du 1er janvier au 31 décembre, pour financer des dépenses d'investissement, ou des dépenses de fonctionnement (indispensable quand on est déficitaire à hauteur de 7%, si ce n'est plus), ou encore pour rembourser d'autres emprunts dans le cadre de la saine gestion des finances publiques (on rembourse par anticipation ici, pour emprunter là à de meilleures conditions).

Ensuite, emprunter pour financer les investissements porteurs d'avenir.
Heureusement! Il est tout de même plus sain d'emprunter pour financer la construction de lignes de TGV (investissement) plutôt que pour financer les salaires des cheminots (fonctionnement). Sans oublier de rappeler que le nanoprésident n'a pas été le dernier à rappeler en d'autres temps les dures contraintes du traité de Maastricht au nombre desquelles ont troiuve l'interdiction de déficits publics supérieurs à 3%...

Enfin, emprunter auprès de qui? Marchés financiers, ou public?
Là, j'ai vraiment l'impression qu'il se paie notre fiole, notre grand homme. A chaque fois, depuis 50 ans, qu'on a emprunté directement auprès du public, ce fut dans des conditions telles (exigées par le "marché") que le coût a été disproportionné par rapport au bénéfice obtenu. Souvenons-nous de l'emprunt Giscard, indexé sur l'or, qui plomba les comptes publics dans les grands dimensions. Ou encore de la fameuse rente Pinay, qu'il a fallu rembourser par anticipation (en 1988...) à la fois pour plaire à la droite et pour briser la chaine d'un boulet financier insupportable. Alors, il va falloir recommencer? Vraiment, c'est un peu trop gros, et on ne peut s'étonner de voir comme la droite est heureuse de cette mirifique idée...

Je ne voudrais pas terminer sans énoncer une de ces évidences que le nanoprésident aimme tellement rappeler, ponctuant le propos d'un coup d'épaule et d'un sourire en coin censé marquer la connivence avec l'interlocuteur... Emprunter c'est bien, mais il faut un jour rembourser. En 2013? En 2018?

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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Carisma 12/07/2009 09:15

Depuis 1981, tous les gouvernements de droite comme de gauche, sauf peut-être celui d'Alain Juppé, ont creusé allègrement la dette publique. Ce dernier, ainsi que Raymond Barre, ayant subi des défaites électorales, on peut se demander si l'électeur n'est pas complice des irresponsabilités des politiques.Cordialement.

Régis Hulot 20/07/2009 22:50



Depuis 81...
Et la référence à Raymond Barre, "Joffre" de l'économie appelé à la rescousse par Valéry Giscard d'Estaing, avant 1981, donc...

Quant à l'électeur complice, je ne vais pas manquer d'y réfléchir sérieusement.

A très bientôt.



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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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