Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 15:15
J'ai tout de même l'impression d'avoir fait une bêtise en parlant de Frédéric Mitterrand, nouveau Ministre de la Culture - qui sait faire usage, sans passer pour un cuistre, de l'imparfait du subjonctif, alors que certains s'attendaient à un billet sur un autre Frédéric, le Lefebvre bien-aimé du nanoprésident.

Alors, parlons de ce Frédéric Lefebvre, aujourd'hui porte-parole de cette Union pour un Mouvement Populaire dont la dénomination déclenche l'étonnement, sinon l'hilarité.
Wikipédia nous apprend que ce Frédéric-là est à la fois un homme politique et un chef d'entreprise. Il est vrai que, dans le monde dans lequel il évolue, le qualificatif de "chef d'entreprise" est particulièrement bien considéré. Mme Parisot n'est-elle pas, avant toute chose, un "chef d'entreprise", et même la patronne d'une PME, pour ainsi dire une (petite et) moyenne entreprise qui avance courageusement dans un monde hostile (et peuplé de syndicalistes peu au fait des réalités)... Bref, chef, mais de quel genre d'entreprise. Wiki, toujours, le précise en ces termes : "Il créé en 1996, avec notamment Steven Zunz et Stéphan Denoyés, anciens assistants parlementaires de Christian Estrosi, Perroquet institutionnel communication (Pic conseil), cabinet parisien de communication institutionnelle et de lobbying, une société de lobbying liée entre autres aux industries du tabac, de l'alcool et des casinos." Voilà qui est de nature à rassurer le bon peuple, qui aurait pu croire que notre homme passait son temps à se débattre avec les mêmes difficultés que l'électricien du coin, ou le fabricant de semelles en caoutchouc de Basse-Bretagne. Le lobbying, la comm' institutionnelle, ça fleure davantage ses bureaux dans le 8ème arrondissement que l'étable creusoise. Quant aux industries du tabac, de l'alcool et des casinos, elles sont dans une situation financière qui laisse imaginer qu'elles n'en sont pas à rogner les budgets qu'elles peuvent confier à ceux qui défendent leurs légitimes intérêts...
Je ne vais pas vous donner plus de détails sur les développements des activités de Frédéric Lefebvre, l'article de Wikipédia en donnant quelques aperçus, forcément incomplets. Dans ce petit monde où beaucoup d'argent circule en contrepartie de "services" dont l'utilité ou la matérialité échappe souvent au plus grand nombre, la discrétion est de rigueur. Les activités de "conseil" sont, par essence, impalpables...

Quand ses activités de conseil lui en laissent le loisir, Frédéric Lefebvre fait de la politique, et pas à dose homéopathique. Il est présent à tous les échelons, ayant eu le bon goût d'avoir eu pour Nicolas Sarkozy, dès le début de la carrière de ce dernier, les yeux de Chimène. Et, protégé par cette relation, il joue volontiers la provocation, faisant mine d'oser dire ce que les autres pensent (et préparent) tout bas. Contôle des individus via le contrôle de l'internet, ou démantèlement du droit du travail quand une subite inspiration lui vient... en proposant tout simplement de travailler pendant les congés de maladie ou de maternité.
Il est vrai que, âgé d'une quarantaine d'années, en excellente santé, il ne voit pas pourquoi il cesserait de travailler s'il devait, par exemple, être momentanément immobilisé par une fracture du tibia due à un accident de ski... alors, pourquoi pas les autres?

Devant ce genre d'arguments imbéciles, je remercie le ciel de m'avoir attribué la qualité d'homme; si j'étais né femme, j'aurais pu éventuellement devenir la sienne, et je sens bien à quel point j'aurais été comprise et choyée si mes grossesses avaient dû être douloureuses, ou simplement fatigantes...

Faites de beaux rêves.

Partager cet article

Repost 0
Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Régis Hulot
  • : Quelques réflexions sur le monde d'aujourd'hui, avec un brin d'humour quand c'est possible.
  • Contact

Imaginons qu'on réfléchisse...

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

Recherche

Archives