Imaginons qu'on réfléchisse...

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.
Vendredi 3 juillet 2009
Près d'un mois après l'accident, on cherche encore les "boites noires" de l'A330 qui s'est perdu entre Rio et Paris, et on va continuer à chercher aussi celles de l'A310 tombé au large des Comores. Car ce sont de ces boites que seront extraites les informations qui permettront peut-être d'expliquer les causes de ces deux accidents qui ont fait plusieurs centaines de victimes - sauf une, le hasard ou le destin prenant des décisions qui nous paraissent inexplicables.

Bizarre, cette dénomination de "boite noire" pour des objets qui sont de couleur orange, bien voyants, bien repérables. Encore plus curieuse cette incapacité à trouver un support un peu plus facile à utiliser que ces enregistreurs - des bandes magnétiques, comme au bon vieux temps des K7 et du VHS - qui, s'ils sont extremement résistants, n'en demeurent pas moins bien difficiles à récupérer au fond de l'océan. Alors que pendant ce temps les firmes et les gouvernements du monde entier conservent des tonnes de données sur les individus, à commencer par les pages que j'ai ouvertes sur la Toile depuis quelques minutes, et le texte que je suis en train de taper sur mon clavier, sans compter les informations dont j'ignore même l'existence...

Si on voulait savoir pourquoi il arrive qu'un avion s'écrase, ne serait-il pas plus simple d'enregistrer sur un support externe des données envoyées au fur et à mesure via les multiples réseaux qui couvrent et recouvrent le monde.
Et si on voulait savoir pourquoi arrivent les accidents de la route, pourquoi ne pas généraliser sur les automobiles les systèmes d'enregistrement des minutes qui précédent l'accident, et de celles qui le suivent.
Et même si cela devait amener à la conclusion que, dans la plus grande partie des cas, l'accident a au moins une part d'origine humaine. Et si j'en suis convaincu, c'est qu'après quarante années de conduite, je n'ai jamais été trahis par la mécanique, mais parfois par la seule surestimation de mes compétences.

Faites de beaux rêves.
Par Régis Hulot - Publié dans : Sur la route
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