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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 11:48

 

Il met les pieds dans un drôle de plat, notre ami "Canto", footballeur devenu acteur, acteur devenu porte-drapeau de la fondation Abbé-Pierre dont le combat est encore à poursuivre, inlassablement.

 

En un sens, il a parfaitement raison.

On ne voit pas, en effet, pourquoi nous serions obligés de donner notre argent, celui qui nous gagnons par notre travail, à des banquiers dont il est avéré qu'ils en font un usage parfois étrange, jusqu'à spéculer contre notre propre pays, notre propre communauté. Tout comme, quand nous faisons des économies en choisissant un placement considéré comme sans risque majeur (sous la forme de l'assurance-vie, par exemple), nous n'avons pas envie que notre petit bas de laine soit transformé, trituré, titrisé par des virtuoses de l'ingénierie financière qui prendrons, contre notre volonté, des risques qui peuvent aller jusqu'à la perte non seulement de l'intérêt mais encore du capital (cela s'est vu, ne l'oublions pas) – mais où ils empocheront les bénéfices à court terme.

 

L'idée de Cantona n'est pas nouvelle, c'est celle du boycott qui a été inventé au XIXème siècle. Une pratique très anglo-saxonne, qui a rarement fonctionné dans les pays latins. Les exemples modernes de boycott sont nombreux, deux me viennent à l'esprit: quand, dans les années 80, les Polonais mettaient leur téléviseur sur le bord de la fenêtre, écran tourné vers l'extérieur, au moment du journal télévisé, pour montrer leur désintérêt pour le discours officiel du pouvoir de l'époque, et, de sinistre mémoire, le boycott des magasins juifs en Allemagne à l'arrivée des Nazis au pouvoir en 1933.

 

Éric Cantona nous appelle au boycott. Pourquoi pas? Mais pourquoi?

Pour tout casser? J'espère qu'il est capable d'aller au-delà de la simple colère et que ce n'est pas son but, lui dont les engagements actuels sont plutôt positifs.

Pour manifester – il dit que se promener avec sa pancarte ne sert à rien, ou presque. Pour manifester qu'on n'a plus confiance dans ces banquiers qui jouent avec notre argent, c'est l'évidence. Pour manifester contre un gouvernement qui trouvera toujours de l'argent (notre argent, fruit de notre travail) pour sauver ces banques irresponsables et cupides, c'est évidemment le cas.

Pour manifester efficacement. Mais seulement pour cela, car les banques ne sont pas un mal en soi, elles sont un moyen, mis à notre disposition, pour faire soit le bien, soit le mal. Notre malheur, c'est d'avoir donné du pouvoir aux banquiers, au lieu d'exercer notre strict contrôle sur eux. "Argent, bon serviteur, mauvais maître", dit la sagesse populaire.

 

Je ne suis pas bien riche. Mais je vais aller, le 7 décembre, faire la queue au guichet, pour retirer les trois fois rien qui sont sur mon compte. Évidemment, dès le 8 ou le 9, j'irai remettre bien sagement mes sous sur mon compte. Cela n'aura donc servi à rien... Certainement pas. Les banquiers, pour rapaces et cupides qu'ils soient, tiennent leurs statistiques à jour.

 

 

Et si nous étions quelques milliers, quelques centaines de milliers...

 

 

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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