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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:37

Dès les premières heures, les pays qui en avaient les moyens ont réagi et envoyé sur place, autant que faire se pouvait, des équipes de secouristes, du matériel, des moyens divers. Il faut dire que quand, tout à coup, toutes les communications sont coupées, il y a de quoi s'affoler au moins un peu, et la France n'a pas manqué de réagir dans ce cas comme elle l'avait fait dans d'autres (pensons au tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du sud-est). Les États-Unis, voisins immédiats (on peut fuir Haïti et sa misère sur n'importe quelle barcasse pour tenter sa chance en Floride), ont également réagi, et ont envoyé leurs navires de guerre chargés de milliers d'hommes et de tonnes de matériel. Sans compter ceux qui, disposant de moyens plus faibles mais partageant une communauté culturelle ou géographique avec les Haïtiens (Cuba, par exemple ?), ne manqueront pas de faire ce qui paraît être “ leur devoir ”.



Bref, pas question de contester que chacun doit, avant tout, mettre la main à la poche pour aider ceux qui, aujourd'hui, sortent de la misère pour entrer dans la la souffrance, avant de retourner, peut-être, au désespoir.



Le président de la République française, n'écoutant que sa conscience, viendrait de proposer à M. Barack Hussein Obama II, président des États-Unis, de réunir une conférence internationale ayant pour objet d'organiser la reconstruction de Haïti.



Il y a bien longtemps que le loup n'était pas sorti du bois aussi vite.

La poussière n'est pas encore retombée, les agonisants n'ont pas encore expiré que voici qu'on se préoccupe de reconstruire. Bravo ! Notre nanoprésident ne tarde pas à vouloir se placer, lui et ses nombreux amis du BTP, des communications, du traitement des eaux ou des ordures ménagères, dans le peloton de tête de ceux qui voient déjà, au delà de la catastrophe humaine, une extraordinaire occasion de faire des affaires et des profits quand le signal du départ sera donné.

Rappelons-nous les menaces qu'avait proférées Georges W. Bush, à l'époque où notre président (Jacques Chirac, le multi-mis en examen qui n'a pas les moyens de s'offrir un petit pied à terre à Paris et est hébergé par des amis généreux) avait refusé d'aller faire la guerre en Irak pour y installer le démocratie : ceux qui ne feront pas la guerre avec nous n'aurons pas les (juteux) contrats pour la reconstruction qui suivra.

La leçon a porté, et devant l'impossibilité démontrée il y a quelques mois de contrats rémunérateurs à Gaza (n'y a-t-il pas eu une conférence internationale pour la reconstruction ?), on va certainement essayer de se rabattre sur cette ile des Caraïbes dont nous n'avons pas à désespérer. En effet, je cite ici les informations que j'ai trouvées dans une vieille édition de l'Encyclopædia Universalis.

Dans les années 1791-1803, la Colonie de Saint-Domingue mena une longue guerre d'indépendance contre la France (souvenons-nous de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe), dont elle était l'une des plus riches possessions. Elle devint une République indépendante le 1er janvier 1804. Cependant, elle dut régler le conflit qui l'opposait à l'ancienne métropole et c'est sous Charles X (un grand libéral, comme chacun sait) que fut signé un accord pour la reconnaissance de l'ile et l'établissement de relations diplomatiques : 150.000.000 de francs-or, à payer en cinq annuités égales (et dans des conditions financières techniques iniques), une somme démesurée et un échéancier impossible à tenir ! Ce n'est qu'en février 1838 qu'un accord intervint pour réduire (!) cette indemnité (!) à 90.000.000 de francs-or, dont 60 millions payables en 30 annuités. Mais la situation d'Haïti était telle, et les exigences de l'ex-métropole si dues, que la petite république caraïbe mis plus d'un siècle à rembourser cette dette... (réf. EU, éd. 1993, vol. 11, page 165 et suiv.).

Nos amis Américains n'ont d'ailleurs rien à nous envier dans le domaine de la charité bien ordonnée. “ En décembre 1914, un commando de fusiliers marins se saisit du stock d'or de la banque nationale et un navire de guerre battant pavillon des États-Unis le transporte à New York. La dette publique d'Haïti atteignait alors 80% du total de ses ressources budgétaires et les États-Unis étaient son principal créancier ”, écrit l'EU. Quand on criant de ne pas être payé, il est tentant d'aller se payer “ sur la bête ”, surtout si elle est plus faible que vous.



Autant dire que si la France éternelle avait pour les Haïtiens tout l'amour qu'elle est en train de leur témoigner, elle pourrait presque reconstruire gratuitement la totalité de la capitale.


Chiche !



Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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O' Pus Rose 15/01/2010 18:15


Régis ... :-)
les orages passent ...
merci ...


Régis Hulot 15/01/2010 20:54



Pas de commentaire ici.
Ailleurs, dans quelques jours.

RH



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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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