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Dans 15 semaines, le premier tour, et dans 17 le second.
Le JDD (Journal du dimanche, du groupe Lagardère) a publié ce matin un sondage que je reprends ici :
1er tour
Hollande : 28% ; Sarkozy : 26% ; Le Pen:19% ; Bayrou:12%.
Mélenchon : 6% ; Joly : 3% ; Villepin : 2,5% ; Morin : 1%.
Arthaud (LO) : 0,5% ; Poutou (NPA) : 0,5% ; Lepage (Cap21) : 0,5% ; Boutin (PCD) : 0,5% ; Dupont-Aignan (DLR) :
0,5% ; Chevènement (MRC) : non significatif.
Voilà qui est clair : quatre candidats se partagent 85% des intentions de vote, dix autres 15%, dont six à peine 3%... Les sondages ne veulent rien dire, on le
sait, mais ils disent parfois des choses très désagréables.
Ils disent que Hollande aura sans doute du mal à conserver sa place de leader du premier tour, que Marine Le Pen ne rééditera certainement pas l'exploit de son père
d'il y a dix ans, que Bayrou qu'on dit seul et sans moyens n'a toujours pas disparu de la scène, mais aussi que la "gauche de la gauche", qu'elle soit rouge ou verte a bien du mal à simplement
émerger, que Morin n'est là que pour garantir les circonscriptions qu'il ne manquera pas d'exiger pour ses amis, que Villepin aura bien du mal à seulement exister, que l'extrême gauche, sans
leader, ne sert pas à grand chose dans ce débat, qu'on plaint Lepage de s'être embarquée dans cette galère, que Boutin et Dupont-Aignan auront la satisfaction d'avoir fait un peu parler d'eux, et
que Chevènement méritait peut-être un ami assez courageux pour lui éviter le ridicule...
Une fois de plus, les électeurs de gauche, à qui on se garde bien d'offrir la parole et d'inviter au débat, se trouvent pris dans les mâchoires d’airain du vote
utile, où ils doivent soit se renier en apportant leur voix à une sociale-démocratie depuis longtemps convertie au social-libéralisme, soit affirmer leurs convictions en perdant leur voix donnée
à de vraies idées ou à de vrais objectifs de gauche, à de vrais homme (ou femmes) de gauche qui ne pourront les mettre en œuvre.
A se demander s'il ne serait pas plus intelligent de ne pas trop se préoccuper de ce qui se passera dans quatre mois dans les urnes, mais davantage de ce qui
suivra, les élections législatives dont il faut (il FAUT) qu'elle donnent la majorité à gauche, qu'elle soit pure et dure, ou molle et incertaine. Ne l'oublions pas, pour la première fois de
l'Histoire, la seconde chambre, le sénat, est à gauche, et ce pour les deux années qui suivront, et ce dans cette courte période-là qu'il faudra imposer les réformes qui doivent recueillir le
vote des deux chambres.
Revenons donc à notre sondage, et revoyons notre objectif. Que voulons-nous ? Avoir un président "de gauche", ou battre le candidat de la droite, sinon la plus
bête du monde, du moins la plus dure depuis bien des années ? Et si pour battre cette droite, ce qu'un candidat de gauche ne peut jamais garantir (j'ai des souvenirs de 1974), il ne fallait
pas lui opposer un autre candidat considéré comme de droite, mais à la fois libéré des machines politiques hérités du RPR, et ne disposant pas lui-même d'un parti permettant la fusion malsaine
Élysée-Palais Bourbon.
Ne reste plus qu'à trouver l'homme qui permettra la mise en œuvre de cette stratégie.
Faites de beaux rêves.
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