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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 19:07

 

Vous vous en souvenez certainement, de ce titre qui barrait la "une" de la Pravda, le 1er mai 1986, moins d'une semaine après la catastrophe de Tchernobyl. En Union soviétique comme ailleurs, les pouvoirs ont toujours préféré la silence, voire le mensonge, à la vérité, cette vérité qui pourrait engendrer le désordre, ce désordre qui met en péril les pouvoirs.

 

C'était donc quelques jours après ce 26 avril 1986, le jour de l'accident qui ne devait pas arriver, le jour où les techniciens, comme d'habitude, devaient maîtriser ces chaudrons du diable que sont les réacteurs nucléaires, le jour où quelques erreurs d'appréciation, une mauvaise communication entre opérateurs, des réactions inappropriées, une expérience insuffisante allaient suffire à faire entrer le monde dans les affres du cataclysme nucléaire civil, avec son lot de misères en tous genres, pour des dizaines ou des centaines d'années.

C'était quelques jours après une catastrophe qui, officiellement, a fait 31 morts, la plupart parmi les pompiers qui ont, sans vraiment savoir ce qu'ils risquaient, réussi à éteindre l'incendie qui a ravagé les locaux du réacteur n°4.

 

Dans les mois et les années qui ont suivi, on a "décontaminé", on a "nettoyé", on a délimité des "zones interdites", on a construit le fameux "sarcophage" ("qui mange la chair", en grec) au dessus des ruines du réacteur, on "tiré toutes les leçons", on a "sécurisé", on a pris en compte le "retour d'expérience"... et à Fukushima, une autre catastrophe (qui ne devait pas se produire) est arrivée, qui produira, comme chacun sait, ses milliers de cancers divers et variés, ses maladies chroniques, ses dépressions, ses malformations congénitales dont certaines confinent à l'horreur et à l'indicible (voir La supplication, Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, de Svetlana Alexievitch, traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain, qui a fait l'objet d'une diffusion sur France-Culture sous forme de feuilleton radiophonique).

 

Nous connaissons tous la formule : nous recevons la terre de nos parents pour la transmettre à nos enfants. Puissent nos enfants nous pardonner.

 

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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