Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 21:33

Cela fait bien une semaine que dure cet étrange conflit entre un ministre (de l'éducation nationale) et quelques professeurs d'un lycée de Vitry-sur-Seine. Et tout cela parce que ces professeurs ont mis en œuvre " leur droit de retrait " après qu'un élève a été agressé dans leur établissement par des personnes venues de l'extérieur de cet établissement scolaire. En un mot, ils disent qu'ils (et leurs élèves) ne peuvent plus travailler sereinement et en toute tranquillité. Et de réclamer la présence de onze surveillants (j'ai oublié le nom nouveau qu'on donne aujourd'hui à cette très ancienne fonction), à temps plein, pour assurer la sureté générale des usagers du lycée.


Cette requête, qui en soi ne semble pas être de nature à mettre en péril (ou à aggraver leur péril actuel et notoire) les finances de l'état, n'a pas été entendue (à ce jour, 1à février, 20h50) par les divers responsables hiérarchiques, et pas davantage par le ministre de l'éducation nationale, M. Luc Chatel, qui demande aux professeurs de rejoindre leurs classes pour faire travailler leurs élèves. On comprend bien que M. Chatel n'ait aucune envie de répondre favorablement à ces profs', tous ennemis de la Rupture qui permet à la Fransarkozie de se tourner résolument vers un avenir radieux où tous les citoyens de plus de cinquante ans pourront arborer la Rolex® qui signera leur réussite sociale et personnelle. Mais surtout, M. Chatel n'a aucune envie de voir défiler rue de Grenelle tous ceux qui se débattent avec d'insolubles problèmes de surveillance (un pion pour deux salles de permanence, par exemple) ou de sécurité dans et autour de milliers de lycées et collèges, sans qu'ils soient forcément implantés dans ces zones " de non droit " que sont, encore davantage quelques semaines avant un scrutin difficile pour le pouvoir, ces fameux " quartiers " où on a souvent parqué les plus malchanceux de nos concitoyens. Imaginez le ministre mis en demeure de recruter cinq à dix mille personnes, alors que son seul désir est de pousser vers la sortie le double de fonctionnaires (peu compétents, pas courageux, pas payés au mérite, et même souvent syndiqués), voire plus si occasion favorable.


Mais là n'est pas, au fond, le plus intéressant.


Allons chercher dans mon Wik' préféré ce qu'on dit de M. Chatel, dont il se susurre que la progéniture fréquente non l'école de la République mais des établissements plus sûrs, du moins idéologiquement parlant, c'est à dire " privés ", voire confessionnels. Mais au fond, il en a bien le droit, lui qui, quand il réduit le nombre de postes offerts aux prochains CAPES (enseignement public), augmente le nombre de postes pour enseigner dans le privé. Et simple habitude familiale, au fond, de quelqu'un qui a dédaigné le prolétaire Janson-de-Sailly pour le très jésuitique Saint-Louis-de-Gonzague.

Chatel, diplômes en poche, intègre, comme on dit, une société qui va lui permettre de donner toute la mesure de son talent, L'Oréal. Et pas à n'importe quel poste, puisqu'il devient déèrache (Directeur des ressources humaines) d'une entité du groupe, jusqu'en 2002, date à laquelle il est élu député de la Haute-Marne.


C'est cette fonction de DRH qui est à mes yeux la plus intéressante. Chez L'Oréal, comme chacun sait, on est du genre sentimental. Et on sait qu'un sous est un sou, et de quelle manière on fait rentrer les picaillons dans une industrie essentiellement fondée sur l'apparence, le désir, et la frustration. C'est d'ailleurs grâce à une charité bien ordonnée que cette entreprise accumule depuis un siècle les bénéfices qui font de Mme Bettencourt (30,8% du capital, 41 milliards d'euro de capitalisation boursière le 22/10/2009 – je ne suis pas jaloux, juste un peu étonné) une des femmes les plus riches du monde...


Alors, étonnons-nous de la compétence de M. Chatel à expliquer à ces parasites de fonctionnaires qu'ils vont mettre en péril la France éternelle avec leurs minables revendications.


À se demander s'il n'aurait pas un peu oublié les très bonnes leçons qu'ont dû lui donner les Jés' au temps de sa jeunesse.


Faites de beaux rêves.


Partager cet article

Repost 0
Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
commenter cet article

commentaires

frçse 11/02/2010 16:34


D'où tiens-tu la précieuse et incontestable information slon laquelle des postes sont/seraient ouverts ou créés pour l'Enseignement Privé?

J'attends la réponse car, information prise auprès de gens directement concernés, nul n'est au courant d'une telle sollicitude, mais serait heureux d'avoir les références du scoop !


RH 12/02/2010 08:14



Info FCPE.

Dès que je retrouve la lettre bimensuelle d'information de cette association où j'ai trouvé cela, j'en fais un "copier-coller" qui répondra à cette question.
Quoi qu'il en soit, il n'y a pas qu'au ministre (de droite) qu'on puisse jeter la pierre. Il y a bien longtemps que les collectivités locales de tous bords sont trop heureuses de mettre en oeuvre
tous les moyens qui assureront l'égalité (sic) entre enbseignement public et enseignement confessionnel. Et tout cela sans forcément sortir des sous à son profit, puisqu'il suffit par exemple de
refuser le financement et la création d'un collège dans telle ou telle commune, au prétexte qu'il n'y a pas de besoin puisque le service public d'enseignement est assuré par un collège
confessionnel.

Tout ceci précisé sans le moindre esprit polémique, évidemment.


PS Autre info: sur les Conseillers d'orientation psychologues qui travaillent en collège ou en lycée. Cette année, 300 départs en retraite, et 50 postes au concours. Vous aviez dit "un
fonctionnaire sur deux"?



Présentation

  • : Le blog de Régis Hulot
  • : Quelques réflexions sur le monde d'aujourd'hui, avec un brin d'humour quand c'est possible.
  • Contact

Imaginons qu'on réfléchisse...

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

Recherche

Archives