Imaginons qu'on réfléchisse...

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.
Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 12:01
Du terme "rafle", le Petit Robert dont j'ai fait un compagnon quotidien --la reliure en a d'ailleurs pas mal souffert--, donne la définition suivante: "arrestation massive opérée à l'improviste par la police dans un quartier ou un établissement suspect." Et de donner la citation suivante: "En un clin d'oeil, il y eu une trentaine de personnes rassemblées..., entre deux barrages d'agents. La rafle." (Aragon).
Une rafle, quelle que soit son ampleur, ne peut s'improviser, et il faut donc une préparation sérieuse et des moyens suffisants pour en assurer le succès.

C'est bien ce que montre le document diffusé il y a quelques heures sur le site de Me Eolas (en lien en bas à doite de cette page), véritable "mode d'emploi" préalable à l'arrestation, par la police française, de près de 15.000 personnes, en l'occurrence des personnes non françaises ou dont la naturalisation française avait été annulée par le gouvernement du Maréchal Pétain, mais qui avaient pour point commun d'être juives. Inutile de dire que le fichage préalable des juifs, sous la direction d'un dénommé André Tulard, fut d'un très grand secours pour cette opération.

A propos de Tulard (qui fut pris de doutes avant la fin de la guerre, fut écarté par les nazis de ses responsabilités, et ne fut pas inquiété à la Libération) et de son fichier, on notera avec intérêt que l'article de Wikipedia n'écrit pas en toutes lettres que ce "fichier juif" a bien été détruit, même après que les journaux (Le Canard enchainé, puis Le Monde) eurent révélé son existence, alors même que sa destruction avait été commandée depuis longtemps. Cela en dit long sur les moeurs (pas très catholiques!) d'une démocratie qui se dit exemplaire.

Ce que veut aussi nous dire Me Eolas, entre autres qualités amoureux du droit, et aussi du Droit, c'est que cette rafle, qui ne fut rien d'autre qu'une des mille formes que prit à cette époque le crime contre l'humanité, est aussi un pur produit de la bureaucratie. Faire paratger le crime par le plus grand nombre, en ne donnant à chacun qu'une toute petite partie de son exécution, diluer la "responsabilité" ou toujours prétendre la faire remonter plus haut ou plus loin que soi, voilà le meilleur moyen de permettre que s'accomplisse ce qu'au fond de soi on croyait impossible.

Faites de beaux rêves.
Par Régis Hulot - Publié dans : Brut de décoffrage - Communauté : NO COMMENT et COMMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles

Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés