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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 13:08

C'est le but que se donne M. Etienne Pinte qui vient d'être nommé (ou élu, mais comment et par qui?) président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Votre serviteur a lu l'interview de ce député UMP des Yvelines dans Messages du Secours catholique (www.secours-catholique.org), mensuel consacré, vous l'imaginez, aux actions de cette organisation.

 

Et enthousiasmé par les déclarations de ce nouveau président, il lui a écrit, envoyé un petit courriel, que je vous livre.

 

 

 

Monsieur le Député,

J'ai lu avec me plus grand intérêt les propos que vous avez tenus devant Mme Catherine Rebuffel qui les rapporte dans la dernière livraison de Messages du Secours catholique.

Mes convictions politiques, philosophiques et religieuses m'interdisent de voir dans vos réponses à Mme Rebuffel la marque d'une mauvaise foi qu'on est bien contraint de soupçonner chez beaucoup de professionnels de la politique, dont on peut dire que vous êtes depuis 1962 quand vous êtes devenu le collaborateur d'Alain Peyrefitte (alors nommé secrétaire d'État à l'information - sic). Aussi, je veux voir dans vos déclarations la marque d'un désir ardent de trouver, au cours du mandat qui vous échoit (président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale - CNLE), une solution, au moins partielle, au moins visible, à la lancinante douleur de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (8 millions de personnes), de ceux qui sont mal logés (3 millions et demi de personnes) ou pas logés du tout, de ceux qui sont privés d'emploi (2 à 3 millions de personnes), de ceux qui, disposant d'un emploi, sont privés d'un revenu décent (encore d'autres millions), et de tous ceux qui, pour une raison ou une autre, sont affaiblis, fragilisés, stigmatisés, écartés, exclus de ce monde qui semble fait pour cette race de seigneurs (saigneurs?) si bien représentée par certains personnages que je préfère ne pas nommer ici.

Vous dites être favorable à "un partage plus important entre ceux qui ont le plus et ceux qui ont le moins".
Un partage plus important? Car il y a partage? Car tout n'est-il pas mis en œuvre par le parti auquel vous appartenez, la majorité parlementaire à laquelle vous appartenez, les gouvernements que vous avez soutenus depuis quarante ans à l'Assemblée nationale pour que le partage, auquel il est politiquement difficile d'échapper, soit toujours plus favorable aux plus riches, toujours plus défavorable aux plus pauvres.
Ce fameux "bouclier fiscal", péché originel du président de la république en particulier et de l'actuelle majorité en général, auquel on vous dit hostile (mais jusqu'à quel degré?), n'est-ce pas la marque de la volonté de protéger les riches et d'abandonner les pauvres?
Cette réforme des retraites, que j'imagine vous avez votée au nom de la justice, de l'équité, du sauvetage de la retraite par répartition, n'est-elle pas faite pour prolonger toujours l'effort des plus faibles, tout en protégeant l'oisiveté des plus forts dont le président de la république semble être chaque jour un peu plus l'obligé?

Enfin, vous dites que "...cela [la construction de logements sociaux] implique que les acteurs de l'hébergement (sic!) et du logement exercent leur droit de tirage [il s'agit de l'utilisation effective. NdR] sur les sommes que nous votons: les collectivités locales, en particulier celles qui n'ont pas atteint les 20% de logements sociaux..."

Fasse le ciel, Monsieur le Député, que vos paroles franchissent la Seine, et qu'elles atteignent le Faubourg Saint-Honoré, qu'elles parviennent jusqu'au Raincy ou à Neuilly-sur-Seine - sans parler de Versailles et de toutes ces villes où vos amis sont élus, et ont tant de mal à réaliser ces logements sociaux qui sont si bien faits ailleurs, chez les autres, dans les communes pauvres, là où ils ne gâtent pas le paysage...

Je garde précieusement cet exemplaire de Messages du Secours catholique, en attendant l'interview que vous donnerez dans trois ans ("Nous avons fait beaucoup d'efforts, mais le chantier est immense, et il reste tant à faire..."), et celle de votre successeur ("Le chantier est immense, mais nous avons beaucoup d'ambition, et notre détermination est forte...").
Les propos tenus ici, ailleurs, aujourd'hui ou demain sont de toutes façons de nature à bien consoler ceux qui ont froid, faim, sont malades, ou dont la retraite est misérable. N'est-ce pas le seul but?


Veuillez croire, Monsieur le Député, à l'expression de toute ma considération.


Régis Hulot.
Evidemment, je ne manquerai pas de vous faire part de la réponse.
Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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