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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 17:41
C'est vrai, je n'ai pas fait grand chose ces derniers temps, ou je suis allé ailleurs pour faire bénéficier d'autres que vous de mon indispensable prose...
Je répare un peu.
Voilà.

Et avec tous mes voeux, de bonheur, de paix, de paix surtout.








Prime à la casse.

 

On en parle, on en reparle, on dit qu'elle va disparaître dans les jours, les heures qui viennent, et c'est, parait-il, une véritable ruée chez les concessionnaires automobiles, certains vendant durant ce mois de décembre jusqu'à moitié plus de voitures qu'il y a un an durant la même période – et 2009 pourrait être la meilleure année depuis 7 ans pour les ventes de voitures. Et tout le monde de se frotter les mains, vendeurs et clients étant sûrs de faire une bonne affaire, sans savoir que cette prime (de 1.000 euro aujourd'hui, de 700 euro dès le 1er janvier) sera en réalité payée par le contribuable... c'est à dire tous ces vendeurs et ces clients, et quelques autres.

 

Mais à quoi sert donc cette prime, alors même que notre nanoprésident n'a pas été le dernier à se scandaliser du peu de résultats obtenus à ce fameux sommet de Copenhague, préparé depuis des mois à grand renfort de réunions, de colloques, de symposium (de symposia ?) d'experts qui n'ont pas hésité à produire force tonnes de CO2 pour se rendre les uns chez les autres, se déplacer, se rencontrer, se concerter... Elle sert tout simplement à sauver de la ruine une industrie automobile française qui, sans cela, serait dans un état proche de l'Ohio, pour ne pas parler du Michigan. C'est le même nanoprésident qui n'avait de mots assez durs et de phrases assez définitives pour stigmatiser ceux qui laissaient aller à vau-l'eau les finances publiques, se vautraient dans le déficit et empruntaient sans discernement pour couvrir les dépenses courantes. C'est encore ce nanoprésident qui a décidé, tel l'aigle qui fond sur sa proie pétrifiée, qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (trop peu souvent méritée, hélas) ne serait pas remplacé – a-t-on besoin de tant de fonctionnaires pour faire fonctionner un État qui, à l'évidence, est voué à un dépérissement que n'oserait contester le moindre NPA-iste, le plus modeste PG-iste, le plus obscur des PS-istes, le dernier des PCF-istes...

 

Restons calmes et revenons à nos moteurs à explosion (à allumage commandé souvent) ou à combustion (selon le cycle du bon M. Diesel).

 

La prime à la casse, ce sont des milliers de voitures en bon état qui sont détruites alors même qu'elles étaient tout à fait capables de rouler pendant un bon nombre d'années. La prime à la casse, ce sont des milliers d'accessoires divers, de pièces détachées, de pneus quasiment neufs, qui vont être broyées dans des conditions à faire s'en retourner dans sa tombe René Dumont, l'un des premiers à nous avoir (il y a 35 ans !) mis en garde contre le délire productiviste. La prime à la casse, c'est la marque de l'incompétence épaisse de ceux qui prétendent nous guider vers l'avenir, et se montrent incapables d'envisager la réorientation, la reconversion des usines d'automobiles.

 

Rien ne peut leur faire imaginer autre chose que ce en quoi ils ont toujours cru, c'est à dire une croissance exponentielle qui doit, à partir d'un monde fini, nous ouvrir les portes de l'infini. C'en est désespérant de bêtise et d'aveuglement. Pauvres de nous !

 

Faites de beaux rêves.

 

 

PS Encore bravo à nos champions du nucléaire qui ont réussi à se faire souffler un colossal et juteux contrat pour plusieurs réacteurs dans le Golfe persique. Nul doute qu'un tel succès augure de la vente des fameux Rafale dans de très courts délais.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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