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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 09:32

On en parlait à la radio ce matin : l'usine SKF de Fontenay-le-Comte (en Vendée) va fermer, elle ferme, elle est fermée puisque les employés n'auront plus besoin de leurs bleus de travail qu'ils ont symboliquement brûlés devant les portes de l'entreprise. Cette usine sera démantelée, le matériel démonté et envoyé en Bulgarie pour être remonté, remis en route, et il produira de nouveau grâce au travail d'ouvriers bulgares, préalablement formés par d'anciens ouvriers français eux-mêmes licenciés. Rien que de très normal dans tout cela, au fond, dans un monde où la rentabilité financière à court terme compte plus que les êtres humains.

 

Fontenay-le-Comte, c'est environ 15.000 habitants dans le sud de la Vendée. Cette usine qui ferme, ce sont environ 300 personnes qui vont se retrouver au chômage, sans compter les effets sur 200 autres personnes dans la sous-traitance. Globalement, donc, entre 400 et 500 emplois perdus ou menacés à très court terme, et à raison de 2, 3, voire 4 personnes par emploi, cela signifie que, dans le pire des cas, ce sont 2.000 personnes qui seront directement touchées par cette opération. 2.000 personnes sur 15.000 habitants, c'est plus de 10% de la population – même si tous les employés n'habitent pas la ville.

Venant après ce qui pourrait bien être le naufrage de la société SAMRO (carrosserie industrielle) qui emploie elle aussi environ 500 personnes à Fontenay-le-Comte et dans les environs, on peut parler de désastre économique pour une petite ville qui ne peut offrir de solutions de rechange immédiates à tous ceux qui se trouvent privés d'emploi, et bientôt de ressources.

 

D'un côté la recherche d'une (encore) meilleure rentabilité, de l'autre les effets de la crise économique provoquée par la crise financière née de la recherche d'une (encore) meilleure rentabilité, on voit bien d'où vient la tempête, et qui elle emporte. Et ce ne sont pas les efforts ou les bonnes intentions manifestées par les pouvoirs publics qui auront eu un effet quelconque sur les décisions de la direction de SKF, ni, hélas, la mobilisation des salariés soutenue par diverses organisations (parmi d'autres, ce lien). On sait, hélas, qu'il en faut un peu plus pour faire plier ceux qui tiennent dans leurs mains la destinée de ceux qui n'ont pour seule richesse que leur force de travail (en bon français, cela se prononce “ prolétariat ”, dernière classe du peuple, exempte d'impôt, utile à l'État par sa seule descendance).

 

J'aimerais bien avoir une solution à proposer, comme jadis... voter Vert, voter NPA, voter PS, voter Front de gauche... C'est le cruel destin de notre époque, d'avoir à réinventer le chemin qui nous sortira de cet enfer financier où nous nous sommes laissés enfermer.

 

Trouver une autre perspective, voilà qui n'est pas facile. Mais, comme le disait Guillaume, il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.

 

 Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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