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Il ne manque pas d'enthousiasme, ce jeune homme, qui a acquis la licence de fabrication et de distribution du vélo triporteur Nihola, drôle d'engin né au Danemark. Je dis drôle d'engin, à nos yeux de Français qui ont du vélo une image un peu déformée puisqu'ils le voient le plus souvent comme moyen de “grimper aux arbres” durant le weekend (ces VTT qu'on trouve partout), ou comme une machine à battre des records de vitesse. Dans un cas comme dans l'autre, la qualité est proportionnelle au prix, mais l'usage est souvent inversement proportionnel à ce prix, le vélo ne sortant du garage que quelques jours par an – un peu comme les voiliers qui peuplent nos côtes et qui restent (en moyenne) 359 jours par an accrochés à leur anneau.
Le triporteur en question est aux antipodes des ces engins la plupart du temps inutiles. Pas tous terrains du tout, et pas capable de descendre les cols à 80 km/h,
voire plus. Mais une stabilité à toute épreuve, une capacité de chargement hors normes, et le moyen de concevoir autrement ses besoins en moyen de transport. Il devient en effet possible d'aller
faire ses courses (même lourdes ou encombrantes) après avoir déposé deux enfants à l'école sans devoir utiliser une voiture. Certes, il faut y mettre un peu de cœur, voire de mollet, mais les
plus affaiblis choisiront l'assistance électrique, tandis que les plus vaillants y renonceront, comme à leur abonnement à la salle de gymnastique, l'économie réalisée pouvant financer la dépense
envisagée.
Restent deux problèmes, l'un qu'on aura vraiment le choix de résoudre, le prix. A 1.890 euro l'unité, et jusqu'à 3.890 pour la version “ électrifiée ”, on pourra raisonnablement se dire qu'on se contentera d'une seule voiture par famille. Cependant, c'est un marchand de vélos qui disait, il y a peu, que la barre des 2.000 euro est un pallier difficile à franchir pour la plus grande partie de ses clients.
L'autre, qui ne dépend pas des utilisateurs, celui des relations avec les automobilistes toujours à l'affût du moindre mètre carré qui pourrait leur échapper, et avec les forces (dites de) l'ordre dont les membres, eux aussi automobilistes et donc soumis aux mêmes fantasmes et aux mêmes idées préconçues, se font souvent un devoir de (mal)traiter les cyclistes avec une attention particulière dont votre serviteur a été souvent l'objet.
Et tout cela sans parler des aménagements(?) dont cette belle ville de Nantes est si fière et qui, au fil des années, ont montré leurs limites.
Faites de beaux rêves.
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