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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 09:26

Voici le chapeau d'un article que vous pourrez lire ici (clic sur le lien), qui en dit long sur la manière dont nos nucléocrates nationaux de droite comme de gauche envisagent l'avenir, notre avenir.

 

A méditer.

 

 

Après l’arrêt programmé pour lundi 26 mars de Kashiwasaki-6, le dernier réacteur nucléaire en activité sur l’île de Honshu, le Japon ne disposera plus que d’une seule tranche en fonctionnement (sur 54) ; celle de Tomari, sur l’île d’Hokkaido, au nord du pays. Et encore celle-ci devrait-elle s’arrêter également, début mai au plus tard. Horrifiée de l’incurie et des mensonges révélés par la gestion de la catastrophe, la population ne semble pas disposée à laisser redémarrer les centrales arrêtées. Ainsi, plus d’un an après le séisme dévastateur du 11 mars 2011, le Japon semble tourner la page du nucléaire. Une source d’énergie qui, au plan mondial, a cessé de se développer il y a désormais plus de vingt ans.

 

 


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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 06:47

Il y a cinquante ans était proclamé le cessez le feu en Algérie, après près de huit années de combats, de vagues de répression, ou de brèves accalmies.

 

Et voilà qu'on nous parle, enfin presque à découvert, de la torture systématisée par des militaires à qui on avait confié tous les pouvoirs, des Harkis abandonnés à la vengeance du FLN - les torturés devenant alors les plus impitoyables bourreaux, des misérables marchandages sur le Sahara - son pétrole et ses bases d'essais nucléaires, de la souffrance de ceux qu'on appelait les rapat' et qui se sont réfugiés dans une nostalgie - une ostalgie ? - gangrenée de revanche.

 

Ce 19 mars-là, j'avais 11 ans. Nos parents, qui avaient connu la "journée des barricades" de 1958, le retour de De Gaulle, le putsch des généraux - un quarteron de généraux en retraite - en 1961, et voyaient se développer l'OAS et ses centaines d'attentats, craignaient de nous voir jouer dans les cages d'escaliers. Mais ils attendaient avec impatience cette annonce, cette guerre ayant fait trop de morts et de malheurs.

 

Que faut-il en dire et en penser ahjourd'hui? Que, comme dans ces familles où se cache un lourd secret, un vice dissimulé, une faute honteuse, la vie quotidienne aura été gravement polluée par tous ces non-dits, tout juste masqués par une prescription ou une amnistie qui n'a rien réglé. Il n'est qu'à voir la présente campagne électorale...

 

Faites de beaux rêves.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:39

Un oeil sur des sondages qui ne sont pas très rassurants, un autre sur les possibilités de reconversion professionnelle après le second tour des présidentielles (on n'oublie pas, tout de même, un éventuel mandat à l'Assemblée nationale), nos ministres font semblant de continuer à gouverner et s'évertuent à tenter de nous intéresser avec des rapports, des projets, des décisions dont ils savent certainement qu'il n'en restera peut-être rien avant deux mois.

 

Il en est ainsi du bac, ce bac qu'il faudrait de toute urgence réformer pour le "revaloriser". Alors, pourquoi ne pas instaurer un système de notes éliminatoires...

 

A tout hasard, une comparaison qui montre bien que ce système est loin d'être concluant.


Nombre d'entre nous ont passé leur permis de conduire, et en particulier ce qui s'appelle l'ETG, l'épreuve théorique générale, en un mot le "code". A cette épreuve, il y a une note élimoinatoire, puisqu'il faut avoir 35 bonnes réponses sur 40 pour réussir, soit une note de 17,5/20. Ce qui est loin d'être une garantie.

En effet, si on imagine que les cinq fautes autorisées et commises par le candidat sont:

- brûler un feu rouge

- griller un "stop"

- renverser un piéton

- chevaucher une ligne continue

- rouler au delà de la vitesse autorisée

et que le candidat donne les bonnes réponses aux 35 autres questions, il s'en sortira sans gloire, peut-être, mais sans dégâts.

 

C'est une hypothèse d'école, mais elle n'est pas irréaliste. Pas plus irréaliste que de prétendre qu'un accident dans une centrale nucléaire française peut avoir lieu, qu'on peut être ministre malgré son incompétence avérée, qu'on peut faire carrière dans l'administration, la banque, ou l'industrie grâce à ses seules relations...

 

 

M. Chatel nous amuse avec un hochet dont nous nous serons détournés avant une semaine. Et il a même omis quelque chose, c'est de menacer l'Europe d'un refus de reconnaissance des diplômes européens. Après la menace(?) de sortie unilatérale de l'accord de Schengen, la France y aurait peut-être encore gagné en grandeur...

 

Faites de beaux rêves.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 17:09

Je suis bien incapable de me rappeler ce que je faisais ce vendredi 11 mars 2011. J'imagine que c'est dans la matinée (du fait du décalage horaire) que j'ai appris qu'avait eu lieu ce tremblement de terre, alors que c'est le soir qu'ont dû arriver les premières images de cette immense vague, d'une lenteur terrifiante, noire et inéluctable, qui emportait tout dans sa course.

 

Et les jours se sont succédés, apportant les images de cette centrale nucléaire devenue folle, et de tous ces thuriféraires de l'atome, rassurants autant qu'ils tentaient de l'être.

De mensonge en mensonge, ce seraient aujourd'hui 3.000 personnes qui travailleraient à la maintenance et à la réparation de cette machin infernale, consacrant certainement leurs jours de repos à l'exhortation des forces telluriques de ne pas se déchaîner à nouveau, ce qui pourrait avoir pour conséquence la destruction, et la vidange catastrophique, de ces piscines qui contiennent le combustible utilisé - ce combustible dont, là comme ailleurs, on ne sait que faire.

 

Ayons une pensée, une affectueuse pensée, pour ces hommes et ces femmes qui ont tout perdu, famille et amis (près de 20.000 morts du fait du tsunami), maison, terres contaminées pour des siècles, et vivent avec cette épée de Damoclès des maladies induites par la radio-activité ambiante à laquelle nul n'échappe.

 

Après Tchernobyl, après Three Mile Island, après Windscale/Sellafield, et tous les autres (en URSS en particulier), combien en faudra-t-il pour nous délivrer de cette folie?

 

Faites de beaux rêves. 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 06:03

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn_indesign/2011-03/2011-03-22/article_2203-MON-FUKUSHIMA.jpg

 

 

Je croyais avoir mal entendu, et je suis allé vérifier ici ( clic sur ce lien) ce qu'il en était. Authentique ! Sur les 54 réacteurs nucléaires installés (dont 4 sont hors service et seront démantelés en environ quarante ans, ou plus si nécessaire, ou jamais peut-être, à Fukushima), donc plus exactement sur 50 réacteurs en état de marche, il n'en reste que 4 (QUATRE) en fonctionnement. En quelques semaines, le Japon a donc perdu 85% de sa production électrique d'origine nucléaire, sans compter que tous ces réacteurs à l'arrêt sont extrêmement gourmands en électricité, rien que pour assurer la sécurité des installations...

 

Il paraît que François Hollande aurait promis d'arrêter les deux réacteurs de Fessenheim, tout en s'engageant à terminer la construction du prétendu réacteur de troisième génération de Flamanville. Tout cela, certainement, au nom de la survie de l'industrie française, et du bon fonctionnement des climatiseurs des bureaux de la rue de Solférino...

 

Cela me fait penser à ce fameux discours où François Mitterrand - paix à ses cendres - avait dit que "Plogoff ne faisait pas partie de [s]on programme nucléaire". C'est une foule enthousiaste qui avait accueilli ces propos, la foule en question ne se rendant même pas compte qu'elle venait d'approuver, sans y penser, la poursuite du programme de nucléarisation de l'hexagone.


François Hollande est peut-être en train de faire la même chose.


La preuve que si l'histoire ne se répète pas, ce sont pourtant les mêmes qui se font b...erner.

 

Faites de beaux rêves.

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 22:09

Cela vaut la peine, quand on a derrière la tête l'idée qu'il faudra faire le contraire de ce que le premier mouvement vous dicte, de se demander pourquoi, comment, et à quoi cela peut mener.

 

Disons-le d'emblée. Après une bonne quarantaine d'années d'intérêt pour l'Histoire d'hier et le "politique" et le "socio-économique" d'aujourd'hui (à mon modeste et tout petit niveau de citoyen ordinaire), lecteur occasionnel du Monde, du Canard enchaîné, comme de La Croix ou de L'Humanité, et de quelques autres publications qui se veulent et se sont voulues intelligentes, il m'est de plus en plus difficile de me rendre dans un bureau de vote le sourire aux lèvres et l'enthousiasme au cœur. Il y a cinq ans, par exemple, j'ai dû voter pour la candidate socialiste au second tour, non par adhésion, mais parce qu'il fallait bien essayer de battre son adversaire de droite. On imagine mon enthousiasme très relatif, comparable à celui qui m'avait habité au premier tour où j'avais donné mon unique et précieuse voix à Dominique Voynet, candidate des Verts, parce qu'elle avait osé évoquer un problème du quotidien, celui du droit de tout citoyen à disposer de l'eau potable, mais également d'en faire un usage modéré par une variation des prix proportionnelle à l'accroissement de sa consommation. Il faut dire que cinq ans plus tôt, j'avais, comme tous ceux qui se faisaient un devoir de "barrer la route au fascisme", donné ma voix au second tour à celui dont Jean-Marie Le Pen a pu dire qu'il s'agissait d'un repris de justice.

Voilà à quoi tient la décision qui se prend dans l'isoloir...

 

Voter dans quatre mois, choisir un président de la république, peser sur l'avenir de tous pour les cinq ans à venir, peut-être les cinq années les plus dangereuses de la cinquième république, celle qui vont clore, historiquement parlant, le XXème siècle. Quel casse-tête !

 

Voter dans quatre mois, et voter "à gauche", évidemment, mais sous quelle forme ?

 

J'élimine ceux qui se réclament de l'extrême-gauche révolutionnaire, qui ne présente de candidats que pour exister médiatiquement, pour se compter, y compris par rapport aux concurrents directs, mais certainement pas dans une perspective d'exercice du pouvoir. A l'extrême-gauche, la campagne électorale sert à faire parler de soi – pourquoi pas – et à recruter des adhérents.

 

Je pourrais donc voter pour une gauche plus "responsable", celle de Jean-Pierre Chevènement, qui n'a jamais manqué de temps et d'idées pour expliquer au monde entier ce qu'est, ce que doit être, ce que devrait être la gauche, la vraie, la pure, le tout agrémenté de quelques "coups de gueule" bien préparés et bien assénés, pour se retrouver obligé de mendier (et d'obtenir) quelques circonscriptions pour les rares fidèles qui semblent se faire un devoir de maintenir, contre vents et marées, un rite qu'on sait pourtant vide de sens. L'amitié, elle aussi, peut mener à l'aveuglement. Et quand c'est l'amitié, c'est un moindre mal, car souvent, c'est l'intérêt qui prime. Comme tout le monde, les organisations politiques, et leurs dirigeants, ont des factures d'électricité à payer.

 

J'aimerais bien aussi voter pour ceux qui, à mes yeux, expriment vraiment la gauche, le rassemblement PCF-PG (le Front de gauche), et offrent au moins verbalement des perspectives plus réjouissantes que le discours sur la dette, la réduction des dépenses sociales et la baisse du coût du travail. Donc voter pour Jean-Luc Mélenchon. Mais, une fois de plus, quelle peut être l'utilité d'un tel vote, qui exprime des choix en faveur, par exemple, d'une véritable réforme fiscale, et vilipende l'attitude d'un PS passé de la social-démocratie molle au social-libéralisme assumé, alors qu'au second tour, pour "battre la droite", il faudra, comme un seul homme, se "rassembler" derrière la bannière de François Hollande (si jamais il est au second tour, ce qui n'est plus, depuis dix ans, une hypothèse d'école). A défaut de cohérence intellectuelle, on peut trouver là la manifestation d'intérêts souvent collectifs, parfois particuliers, où, fort d'un résultat au premier tour, on peut imposer à ses alliés du second des arrangements pour les futures élections législatives. Quand on est fort, on peut faire semblant de s'accorder six mois avant le scrutin (PS-EELV), quand on est faible, il faut d'abord faire preuve de sa force. Tout cela est bien risqué, et fait peu de cas des discours et des actes des électeurs, même si de basses considération matérielles expliquent ce genre de comportement.

 

Alors, ne reste plus que LE candidat de gauche, le préféré des sondages, celui à qui tout semble promis, y compris une victoire scandaleusement facile. Il faut dire qu'avec l'adversaire qu'on lui imagine et qui a réussi à se faire détester par une bonne moitié des Français, le mérite est relativement moindre.

Mais on ne vote pas "contre" au premier tour, on vote "pour". Pour un homme, ce n'est pas déshonorant, pour des idées, c'est tout de même préférable.

Les idées de Hollande, les idées du PS, quelles sont-elles, hélas, sinon celles des autres partis socialistes européens, qui ont tous mis en œuvre des plans de rigueur dont la fonction est de prélever sur les "travailleurs" (salariés ou tranche inférieure de la classe moyenne) les moyens de reconstituer les profits d'une finance internationale à l'avidité insatiable. Le programme de François Hollande, c'est donc la maîtrise de la dette, la maîtrise des déficits, des prélèvements nouveau ou plus importants sur les plus aisés peut-être, quelques "coups de pouce" aux prestations en faveur des plus démunis certainement, mais déjà des libertés prises avec quelques décisions emblématiques qui auraient marqué une rupture avec le présent. Quid, par exemple, de la volonté de sortir du nucléaire quand on veut poursuivre la construction de l'EPR de Flamanville, et quand on s'engage à maintenir au meilleur niveau la force de frappe nucléaire ? Quid de cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes, grand projet de Jean-Marc Ayrault, directeur de campagne de François Hollande (et futur locataire de Matignon?), dont tout le monde sait qu'il ne servira à rien ou à pas grand'chose, mais d'où Vinci, concessionnaire, tirera certainement de juteux bénéfices ? Et quid des pratiques internes du PS, ou des relations parfois sulfureuses entretenues par certains caciques qui exercent encore une influence réelle rue de Solferino ?

 

Va-t-il donc falloir voter pour ceux dont nous savons déjà que leurs actes, à part quelques hochets, seront pratiquement à l'opposé de leurs discours ?

 

Ou allons-nous enfin découvrir que l'élection présidentielle, qu'un stratège de rencontre a voulu déplacer avant le scrutin législatif pour en mieux utiliser les résultats (avec le résultat qu'on sait), n'est pas, et de loin, le moment le plus important de cette période électorale ? Et que nous payons encore cette réforme de la constitution de 1962 qui a, par un moyen qualifié de "forfaiture" par le président du Sénat de l'époque, dénaturé la réalité de la souveraineté nationale en la partageant entre deux instances, l'Assemblée nationale et le président de la République.

 

 

Faites de beaux rêves.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 01:00

Je me souviens des élections présidentielles de 1969. Au premier tour, face à "l'héritier" du gaullisme quatre candidats à gauche (Defferre, Rocard, Krivine, Duclos), dont un seul, Jacques Duclos, fera un score convenable avec plus d'un cinquième des suffrages exprimés.

Au second tour, la gauche éliminée (malgré 30% des voix!), étaient restés en lice les deux candidats de droite, Georges Pompidou (gaulliste) et Alain Poher (MRP – on dirait aujourd'hui Démocrate Chrétien), entre lesquels il fallait choisir. Si la gauche "non communiste" avait bien envie de voter Poher pour se débarrasser de l'avatar pompidolien du gaullisme, le PCF prit la lourde responsabilité de faire élire Pompidou en déclarant que les deux candidats étaient "bonnet blanc et blanc bonnet" (le mot est de Jacques Duclos). Le gaullisme était alors sauvé, la constitution de la cinquième république aussi, ainsi qu'une forme de gouvernement centralisé et parfois autoritaire qui ne dépaysait pas les dirigeants de la place du Colonel-Fabien, et la formule de Malraux selon laquelle "entre les communistes et nous, il n'y a[vait] rien" restait désespérément vraie.

Mais on sait ce que l'histoire fit, vingt ans plus tard, du communisme, du moins sous cette forme.

 

J'ai la conviction qu'il est indispensable, de temps à autre, d'agir en considération des symboles.

En 1969, il ne fallait pas élire Alain Poher pour attendre de lui une politique allant dans tel ou tel sens, mais il fallait battre Georges Pompidou pour briser une chaine, pour mettre un terme au gaullisme, sorte de bonapartisme recyclé, et renvoyer aux oubliettes de l'Histoire celui qui était revenu dans les fourgons de l'Algérie française, même s'il pouvait définitivement rester l'homme du 18 juin 1940.

Aujourd'hui, en avril 2012 plus exactement, il faut un vote qui exprime une ferme volonté de rupture avec le discours libéraliste et l'action antisociale de la droite et de tous ceux qui ont fait leur la doxa néo-libérale.

 

Mais il n'est pas non plus inutile d'agir en considération des résultats

Il est temps de prendre conscience qu'il ne sert à rien de recueillir 3, 5 ou 11% des voix aux présidentielles. En quoi les six candidatures d'Arlette Laguiller, avec des résultats médiocres ou honorables jusqu'à plus de 5% des voix), ont-elles fait avance la cause de Lutte ouvrière et de la IVème internationale ? En quoi les scores de Jean-Marie Le Pen, dont celui de 2002 qui fit de lui le challenger d'un "repris de justice", ont-ils permis une réelle implantation politique nationale ou locale. Combien de sénateurs, de députés, de maires, de conseillers généraux LO ou FN en France ?

Il n'est pas inutile de se poser la question, et de savoir ce qui compte, au delà de la jouissance qu'on peut avoir à exister aux yeux de ses adversaires ou de l'opinion médiatico-publique.

 

Il est peut-être encore temps de se rendre compte qu'une élection présidentielle n'est pas le nec plus ultra de la vie politique, et qu'il est largement aussi important de disposer, à l'Assemblée nationale, d'un groupe parlementaire important, tout comme il est d'une importance non négligeable de disposer, dans la population, de relais importants et solides.

Car c'est bien là que se jouent les réformes à faire dans ce pays, et c'est bien là que se décidera cette politique de transition écologique et industrielle, et c'est en prenant appui sur de larges couches de la population que ces réformes seront appliquées.

 

Reste à trouver le moyen de rendre tout cela possible.

 

 

Et faites de beaux rêves.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 02:15

 

 

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Mme Merkel et M. Sarkozy se sont de nouveau rencontrés à Paris pour régler une fois (de plus) pour toutes le "problème de la dette". Inutile de dire que plusieurs centaines de millions d'Européens se réjouissent déjà de savoir que leurs gouvernants ont le plus cher désir de régler un problème, on allait dire pour une fois, même si, in fine, personne ne doute que ce sera en allant chercher l'argent là où il est, c'est à dire dans la poche de ceux qui ne sont pas assez riches pour le dissimuler.

 

Tout cela pour - enfin - "rassurer les marchés".

 

Ma sagace épouse (tous mes lecteurs savent que j'ai une épouse sagace) a réussi à trouver, sur la toile, les quelques épisodes d'une série (à l'époque, on disait peut-être aussi feuilleton) reprenant le voyage d'Ulysse vers sa patrie, Itaque, après la chute de Troie, c'est à dire l'Odyssée.

A plusieurs reprises, Ulysse est interrogé par ceux qui le recueillent pour savoir quelle aide il est possible de lui apporter, mais la grande question est de savoir si cette aide offerte au voyageur de passage ne sera pas de nature à s'attirer la colère des dieux. Car, ce que craignent par dessus tout ces hommes, qu'ils soient princes ou gueux, c'est la colère des dieux.

Et Ulysse (le "rusé Ulysse", dit Homère) va mentir à plusieurs reprises, et exposer ceux qui sont venus à son secours à la vengeance divine, lui-même poursuivi par la colère de Poseïdon, entre autres.

 

Si j'évoque l'Odyssée, c'est que j'ai l'impression qu'à plusieurs millénaires de distance, les rois et les princes qui nous gouvernent ont toujours la même crainte, celle d'événements auxquels ils ont du mal à trouver une cause, et autant de mal à imaginer les conséquences. Et les uns comme les autres n'ont alors qu'un but, apaiser la colère des dieux, apaiser la colère des marchés.

 

"Ni dieu, ni César, ni tribun", dit la chanson. On aimerait parfois chez tous ces gens nourris de technique, bardés de diplômes, carapaçonnés de compétences, un peu plus de rationalité d'une part, un peu plus d'imagination d'autre part.

 

Faites de beaux rêves.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:50

C'est à Pumpernickel que je dois d'avoir pu lire le communiqué de presse de la présidence de la République française à la suite du décès de Madame Danielle Mitterrand il y a quelques jours. Cet après-midi, les obsèques de celle qui refusa toujours le qualificatif, aussi vide qu'inutile de "première dame de France", ont eu lieu à Cluny, et nous avons pu voir exposé ce cercueil de bois clair à poignées de corde qui ont, une fois de plus, marqué une dernière fois le cap de toute une vie: simplicité et opiniâtreté.

 

Il m'a semblé que, plutôt que d'envoyer à la famille de la défunte un témoignage d'affection et de respect, il n'était pas inutile de faire parvenir au palais de l'Elysée la lettre qui exprimait mes sentiments à l'égard de la réaction officielle de la République.

 

En voici le texte..

 

 

 

 

 

Monsieur le président de la République,

 

 

Ce 22 novembre 2011, le service de presse de la présidence de la République a publié un communiqué dont un fac simile m'a été mis sous les yeux par un malicieux hasard.

 

J'apprends ainsi que le président de la République a présenté ses condoléances à des « petits enfants » qui auraient beaucoup gagné à un trait d'union qui en aurait simplement fait les petits-fils ou les petites-filles de Madame Danielle Mitterrand. Simple oubli certainement, puisque quelques caractères plus loin ce sont deux lettres qui sont restées dans la plume du rédacteur : « ...l'ensemble de sa famille. » n'aurait rien ôté à la solennité des circonstances.

 

Ce rédacteur distrait semble avoir également des relations difficiles avec la conjugaison. Pas de « t » final à la troisième personne du singulier du passé simple de l'indicatif pour le verbe « poursuivre », et, les mêmes ignorances ayant les mêmes effets, même régime pour le verbe « savoir ». Que conseiller, sinon, en cas de doute (mais il faut savoir douter), la vérification salvatrice dans ce bon vieux Bescherelle (vol. 1).

 

Que la grammaire ne soit pas jalouse, son tour arrive. Une autre règle, relativement courante, n'est pas mieux connue : celle qui concerne l'accord du participe passé employé avec le verbe être dans la conjugaison d'un verbe pronominal. Voilà qui explique la malencontreuse apparition d'un « e » final au mot « tracé ».

De même, l'absence de « s » final à « exceptionnelle » ne semble pas là pour nous amener à nous demander à quelle vertu attribuer ce qualificatif. À« l'indépendance d'esprit », à la « volonté », à la « dignité » ? Ce « s », s'appliquant à une énumération cumulative (emploi de la conjonction de coordination « et »), aurait sans doute davantage reflété la pensée de l'auteur.

 

On n'insistera pas sur la ponctuation, parent pauvre de l'écrit. Elle aurait pourtant permis de mettre en valeur l'apposition dans « ...de son mari, le président François Mitterrand, mais... ».

 

 

Tout un chacun sait que le poids apparent des mots cache souvent l'absence de véritables sentiments. Mais fallait-il à ce point bâcler la rédaction de ces quelques lignes pour montrer combien la modeste voix de celle qui « [avait fait] entendre la voix de ceux que personne ne voulait entendre » était étrangère à ceux qui ont tellement bien su, et depuis si longtemps, leur imposer le silence ?

 

 

Veuillez croire, Monsieur le président le la République, à l'expression de ma respectueuse considération.

 


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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 16:00

Aujourd'hui, 17 octobre 2011, une personne est allée déposer, aux pieds du monument commémorant le  massacre de 50 otages à la suite de l'assassinat de Karl Hotz, un officier allemand, quelques tournesols à la mémoire des Algériens massacrés il y a cinquante ans à Paris.

Voici quelques photographies, qui attesteront du fait.

 

 

20111017. Nantes

 

Le monument aux otages. En arrière-plan, l'Erdre canalisée.

 

 

20111017. Nantes

 

Le bouquet, sur les marches du monument.

 

 

20111017. Nantes

 

Sans commentaire.

 

 

Faites de beaux rêves.

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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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