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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 19:30
A la surprise générale, et certainement celle des dirigeants chinois et de leurs services spéciaux (ou secrets, ou police politique... qui vont en prendre pour leur grade, il y a du limogeage, de la balle dans la nuque, du séjour en camp de rééducation dans l'air puisque c'est comme cela que cela se passe), les mémoire posthumes d'un ancien ancien Secrétaire général du Parti communiste chinois (M. Zhao Ziyang) vont défrayer la chronique en révélant le rôle des dirigeants chinois (dont beaucoup son encore en vie, ou certains morts mais au panthéon de la lutte des classes) au moment où a été prise la décision d'écraser la révolte pacifique des étudiants chinois à Pékin. Quand je dis "écraser", je précise que c'est au sens propre et non au sens figuré, puisque les chars de la glorieuse armée populaire des ouvriers set des paysans sont passés SUR les étudiants, ont déroulé leurs chenilles sur leurs corps, non seulement pour les réduire au silence et les tuer, mais plus encore pour que cette répression glace d'horreur tous ceux qui auraient, dans l'avenir, des velléités de révolte. Il faut frapper les imaginations, et toutes les dictatures l'ont fait. Ainsi, les nazis ont pendu des musiciens avec une corde de piano, tout comme ils ont exécuté un certain nombre de gens en les pendant, par la mâchoire inférieure, à un crochet de boucher. Toujours inspirer la peur, la peur qui impose le silence à tous.

Et pourtant, ça ne marche pas. Car, depuis que cette boucherie a été perpétrée au nom du socialisme (sans commentaire), les opposants ont continué leur travail, et il est assez remarquable que ce soit un ancien dirigeant (limogé, mis en résidence surveillée, et mort depuis) qui dresse aujourd'hui un réquisitoire sans concession contre des individus auxquels les puissances occidentales (le "monde libre") ont trouve bien des vertus. Après quelques semaines, quelques mois peut-être de "rafraîchissent" des relations, les affaires ont repris, et notre nanoprésident (pour ne prendre que cet exemple franco-français) est tout heureux d'aller vendre aux chinois des réacteurs nucléaires ou de constater que les entreprises françaises prennent "toute leur part" sur le grand marché chinois.

Que vont dire les caciques du PCC?
Quelques souvenirs. Quand en 1956 le secrétaire général du parti communiste de l'Union soviétique présenta devant le congrès un rapport qui dénonçait "les crimes de Staline", tous les délégués en furent abasourdis, eux qui pourtant connaissaient (ou supputaient) la vérité, un peu comme tous les dirigeants des pays alliés savait de quoi il retournait dans les camps de concentration dès fin 1942, ou début 1943 (ils avaient été informés par la Résistance polonaise et les organisations juives). Et pourtant, par pure fidélité à une fiction dont il connaissaient la nature, certains dirigeants communistes nièrent l'évidence, et inventaire la fameuse expression du "rapport attribué à Khrouchtchev", tissu de mensonges écrit par la réaction sous la dictée de la CIA.
Les vieillards qui règnent à Pékin ne vont-ils pas se laisser tenter à faire de même, à prétendre qu'il s'agit d'un faux, d'une manipulation faite pour inaugurer le mandat du nouveau président américain qui semble soumis aux fortes pressions de la partie la plus réactionnaire de son équipe. C'est possible, pas forcément probable.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il va être encore plus difficile d'être opposant en Chine, et qu'un peu partout les organes de répression vont tourner à plein régime dans les usines, les bureaux, les coopératives de production. D'autant plus que la fameuse crise qui touche aussi la Chine (en réduisant ses possibilités à l'exportation vers des pays dont certains sont objectivement ruinés, provoque là-bas faillites, chômage et désordres sociaux de toutes sortes. Le collier de fer qui enserre chaque Chinois pour le faire marcher droit va certainement se serre d'un cran supplémentaire, sans toucher évidemment ces plus ou moins 5 à 10% de personnes qui vivront de la crise comme elles ont vécu de la croissance, sous la protection du parti des ouvriers, des paysans et des soldats...

Et quand on voit quel tour prennent la vie politique et la vie sociale chez nous, on se demande au nom de quoi nous pourrions aller leur donner des leçons de morale.

Faites de beaux rêves.

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 08:40
Sur cette page où vous êtes en train de lire ma (délicieuse et tout aussi passionnante) prose, en bas à gauche, vous verrez que j'ai ajouté deux nouveaux liens. Pas vers du texte compliqué, du genre des livres que doit lire le nanoprésident qui saute avec la grâce et la délicatesse qu'on lui connaît de la princesse de Clèves (d'une certaine Mme de La Fayette) à la critique de la raison pure (c'est du Kant) grâce à ses trois(?) quatre(?) cerveaux si bien irrigués (et le reste à l'avenant dans le domaine du "bien irrigué").

L'un (http://cluaran.free.fr/dette.html)
comme l'autre (http://www.worldometers.info/fr/)
vous renvoient vers de la statistique "en temps réel", avec toutes les réserves qui s'imposent, mais qui peuvent donner une idée des choses, un ordre de grandeur. Et en plus, cela peut être relativement drôle...

Faites de beaux rêves.
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 14:07
Radio-France Internationale, qui s'en chaut (du verbe "chaloir", défectif et inusité)?

Certainement pas M. Jean-Luc Hess, interrogé avant hier par deux journalistes des France-Inter qui ne se sont pas étranglés de surprise quand il a été confirmé par leur invité qu'en effet M. Philippe Val, ci-devant patron de Charlie-Hebdo mais toujours actionnaire d'icelui, était embauché à France-Inter. Et sans que leur nouveau patron sache exactement à quoi il allait consacrer les immenses talents du nouvel arrivant.

Certes, France-Inter n'est pas RFI, et les structures juridiques ont été organisées pour que des gens qui font le même métier au même endroit ne puissent unir leurs forces, ni pour faire de la radio ni pour défendre leurs intérêts et leurs droits. Mais une petite question, discrète, timide, respectueuse n'aurait pas été de trop. Eh! non, sans vouloir faire de procès d'intention, on a beau être "indépendant" et savoir résister à toute "pression", on n'en reste pas moins prudent.

Faites de beaux rêves.
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 10:19
Locked in syndrome, ou syndrome d'enfermement. On peut lire sur ce sujet l'article de Wikipédia, que le livre "Le scaphandre et le papillon" de Jean-Dominique Bauby avait mis en lumière il y a déjà quelques années.

Il m'est impossible de ne pas rapprocher cette situation relativement terrifiante imposée à un être humain par la "nature" de celle qui est imposée, mais par la volonté de quelques généraux qui s'espèrent peut-être éternels, à Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, qu'on vient de remettre en prison dans l'espoir de tuer dans l'oeuf jusqu'au souvenir de la révolte du 8 août 1988 qu'on a appelée la Révolution safran. Mais, tout comme pour ceux que l'accident cérébral a condamnés à l'immobilité et qui pourtant parviennent à communiquer, Mme Aung San Suu Kyi continue à agir même enfermée, à parler même silencieuse, puisque c'est sa vie elle-même qui est un message.

Mon ami Pumpernickel nous rappelle à intervalles réguliers que nous allons "fêter" dans trois semaines l'anniversaire du massacre des étudiants place Tian'anmen. J'évoque de mon côté le 8 août en Birmanie, tout comme il m'arrive de parler du 17 décembre 1961 en France. Ce n'est pas pour le plaisir qu'on fait ressortir de l'Histoire l'ombre des bourreaux, c'est simplement pour la justice et l'honneur qu'on rappelle à notre mémoire le souvenir des victimes. Mais c'est surtout pour les vivants, pour les enfants des vivants, pour les enfants de leurs enfants qu'on essaie de rappeler les conséquences des erreurs, et pour tenter d'empêcher leur renouvellement.

A oublier le passé, on se condamne à le revivre.

Faites de beaux rêves.
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 20:52
Je n'ai pas voulu vous infliger mes souvenirs d'ancien combattant, et voilà à quel genre d'évocation vous avez échappé.

Un dimanche 10 mai, cela doit bien dire quelques choses à certains d'entre vous. C'est aussi le temps qui m'y fait penser, puisque nous sommes en ce moment sous les averses et les orages. Il y a un sacré paquet d'années, il avait fait le même temps en pleine nuit, à Paris, où les gens réclamaient "du soleil" à celui qui venait d'être élu.

Encore plus longtemps avant, en 1954, le 7 mai, c'est aussi la chute de Dien Ben Phu, ce chaudron de souffrance et de violence où la France perdait une bonne partie de ses illusions.

Je ne vais pas en dire plus. Chacun pourra, s'il le souhaite, aller un peu plus avant dans les souvenirs, et dans les analyses pour tenter de comprendre, pour essayer de ne pas recommencer sous d'autres formes.

PS Benoit XVI est allé en "Terre sainte". Il en a dit beaucoup, il aurait pu en dire ou en faire (aller à Gaza) plus, certainement, mais je retiens cette remarque d'un israëlien (juif): "Pour un Allemand, c'était difficile de venir ici".
Dont acte.


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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 10:32
Hulot essaie d'être un bon citoyen. Il est donc allé, sur l'amicale et pressante invitation d'un sien voisin, entre autres qualités membre du Parti socialiste, à une réunion au cours de laquelle allait être précisées les nouvelles conditions de l'exercice du "dialogue citoyen". Rien que le titre aurait dû me faire fuir: pas besoin de l'onction des autorités municipales pour que les citoyens dialoguent entre eux, et fassent part de leurs idées (via le vote, par exemple) aux élus. Mais j'aurais eu tort de m'abstenir, au moins pour une raison.

Nos élus se sont paraît-il rendu compte que les différentes structures où s'expriment les gens ne s'ouvrent pas à tout le monde. En gros, ceux qui ont du mal à s'exprimer, pour mille raisons dont je vais vous faire grâce ici, ne s'expriment pas, et qu'on ne peut donc savoir ce qu'ils souhaitent, et que ce sont d'autres qui "souhaitent à leur place". D'où l'idée du tirage au sort (partiel) des membres des futurs "conseils de quartier" (je rappelle toujours avec plaisir qu'en russe "conseil" se dit "soviet"). Excellente idée, qui n'est pourtant pas neuve, puisque à Athènes, au temps où naissait le démocratie il y a 2500 ans, beaucoup de magistratures étaient exercées par des citoyens tirés au sort, sans possibilité de refuser ce qui était à la fois une charge et un honneur. Mais ici, pas question d'obliger les tirés au sort à siéger... comme si une idée réinventée devait toujours avoir un air d'avorton honteux.


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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 17:15
...LE CONTRIBUABLE, c'est à dire celui qui paie des impôts, cette précision étant des plus utiles en ces temps de multiplication des pauvres, et des riches protégés par la bouclier fiscal.

Un milliard et demi à trouver dans des caisses "qui sont vides", comme l'affirme le nanoprésident. Et tout cela pour avoir voulu s'engraisser un peu plus dans les ventes d'armes qui ne se font qu'à coup de corruption et de pots de vins.

D'autres commentaires?

Faites de beaux rêves.
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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 11:09
Il y les compteurs qui nous indiquent le temps qu'il reste à rêver avant la catastrophe... et il y a ceux qui nous montrent comment grandit la menace, même s'il faut se méfier des indicateurs économiques.

Allez donc voir du côté de ce site qui va vous poser quelques questions sur votre avenir proche et lointain, et la manière dont les meilleurs gouvernants du monde (les nôtres, évidemment), nous précipitent dans l'abîme en nous expliquant qu'ils nous préparent l'âge d'or.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 10:08
La TSF m'apprend ce matin qu'il est un domaine où la croissance était bien présente en 2006 (dernières statistiques connues - sans commentaire), et sera encore dopée en 2008 et 2009 (pour les statistiques, il faudra patienter), c'est celui de la pauvreté. En 2006, il y avait en France 7,9 millions de pauvres (13% de la population), contre 7,1 millions un an plus tôt. Et, selon les déclarations d'un responsable de la fondation Abbé Pierre, ce nombre qui a déjà cru en 2007 et 2008, ne pourra qu'exploser en 2009, du fait de la hausse du chômage.

Histoire de garder le moral, je voudrais signaler aussi que le nombre de personnes susceptibles de payer l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) est également en pleine croissance, peut-être un peu moins forte ces derniers mois du fait de "la crise". Mais que, et c'est heureux et chacun de s'en réjouir, une bonne proportion d'entre eux verra sa contribution globale stabilisée ou réduite grâce au bouclier fiscal si généreusement aménagé à l'initiative du nanoprésident.

Est-ce à dire qu'une société moderne, une société réformée, une société qui donne sa chance à tous, une société qui prépare l'avenir (et autres fadaises) est une société où les écarts de fortune et de revenus grandissent. C'est aussi une société où les tensions augmentent, et il n'est pas besoin d'être électricien ou cardiologue pour savoir que trop de tension, ce n'est pas bon.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 11:55
Rendons hommage à Pumpernickel qui a relevé avec sa cruauté habituelle les grandes difficultés qu'il y a à séparer le mode infinitif du mode impératif. Il est vrai qu'il est pas évident de faire la différence entre "Cyclistes, respecter les piétons", et "Cyclistes, respectez les piétons"...

Il n'y a pas que les vendeurs de communication qui parlent pas bien la france. Ainsi, une grande, pardon, une très grande ville de l'ouest de la France m'invite à participer au "dialogue citoyen", dernier avatar en date des simulacres de démocratie directe dont le seul but est de noyer le poisson sous une pluie de poudre aux yeux.
Je lis ceci:

"Lors de ce débat, nous discuterons ensemble du pourquoi et du comment développer cette stratégie ?"

Kékséksa? Discuter (voir aussi agiter, débattre, controverser, critiquer, conférer, négocier, parlementer, traiter, et encore discutailler, ergoter ou épiloguer) ensemble, voilà qui est des plus prometteur, ne me voyant pas discuter tout seul, sauf que mes méninges ayant tendance au ramollissement, je me mets à parler tout seul. Mais c'est pathologique...
Du pourquoi et du comment... Et pourquoi pas du d'où, du parce que, du qui, et de je ne sais quoi encore. Comme voilà une manière légère -qui vaudrait un "mal dit" sur une copie de brevet des collèges- de dire les choses.
Et, pour clore en beauté, voilà le point d'interrogation qui parachève la sentence. Ce point d'interrogation qui s'emploie pour terminer une phrase interrogative... Ah! c'était une phrase interrogative, une question. A première vue, je n'avais pas deviné. Mais il faut dire que je n'ai ni les titres, ni les compétences pour être chargé de la communication municipale. En un sens, j'en suis plutôt heureux, pour ne pas dire fier.

Faites de beaux rêves.
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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