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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 19:10

Quand j'étais gamin, comme tous ceux de mon âge, je lisais, je regardais des histoires de cow-boys et d'indiens, des westerns, où les blancs étaient bons et généreux, où les peaux-rouges (les rouges, déjà!) étaient fourbes et cruels. D'un côté l'avance de la civilisation, la conquête de l'ouest, l'avenir ouvrant les bras, de l'autre, l'arriération, la brutalité, le paganisme.

 

Puis vint Soldat bleu, après quelques autres comme La flèche brisée, qui montrèrent ce que furent vraiment les guerres indiennes, avec leur longue litanie d'humiliations, de spoliations, de mensonges, de massacres de civils, tous actes qui ne sont pas sans rappeler ce qui peut se passer aujourd'hui dans différents endroits du globe. Et je ne veux pas oublier la longue série écrite pas Jean-Michel Charlier, dessinée par Jean Giraud, l'histoire du lieutenant Blueberry qui, à la fin de son principal développement, voit le héros blanc prendre fait et cause pour ces Apaches qui sont devenus ses frères.

 

Geronimo, c'est le nom qu'il reste d'un chef apache qui, comme les autres, tenta de résister au rouleau compresseur de la conquête du continent nord-américain par les colons européens. Lui finit sa vie comme prisonnier assez misérable dans une prison, tandis que les Amérindiens, premiers habitants des lieux, étaient voués à la disparition, à l'assimilation, à l'oubli.

L'Histoire est écrite par les vainqueurs, et la terre est à celui qui sait la prendre.

 

C'est pourquoi il est bien étrange d'apprendre que Oussama Ben Laden, ennemi public n°1 aux États-Unis, a reçu comme nom de code celui de Geronimo, celui d'un des derniers résistants à la colonisation. Bien étrange parallèle.

 

Quoi qu'il en soit, des anachronismes ou du manque de goût ou d'élégance des services secrets états-uniens, cela nous ramène hélas à cette triste époque où le général Sheridan pouvait affirmer que le seul bon indien était un indien mort.

 

 

Faites de beaux rêves.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 17:15

Cette fois, ce sont les deux derniers prévenus dans l'affaire de l'hormone de croissance qui sont relaxés. Ils n'iront donc pas en correctionnelle pour homicide involontaire, ils n'auront pas à s'expliquer, ils n'auront pas à se justifier. Ils peuvent dormir tranquilles, et vaquer tranquillement à leurs occupations.

 

Il est bien triste d'entendre des gens qui ont souffert, dont les enfants sont morts, sortir d'un tribunal en criant qu'il n'y a pas de justice.

 

Il est bien dangereux de laisser croire que les rigueurs de la loi ne s'appliquent qu'aux plus faibles, aux malchanceux, aux pauvres.

 

 

Faites de beaux rêves.

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 19:07

 

Vous vous en souvenez certainement, de ce titre qui barrait la "une" de la Pravda, le 1er mai 1986, moins d'une semaine après la catastrophe de Tchernobyl. En Union soviétique comme ailleurs, les pouvoirs ont toujours préféré la silence, voire le mensonge, à la vérité, cette vérité qui pourrait engendrer le désordre, ce désordre qui met en péril les pouvoirs.

 

C'était donc quelques jours après ce 26 avril 1986, le jour de l'accident qui ne devait pas arriver, le jour où les techniciens, comme d'habitude, devaient maîtriser ces chaudrons du diable que sont les réacteurs nucléaires, le jour où quelques erreurs d'appréciation, une mauvaise communication entre opérateurs, des réactions inappropriées, une expérience insuffisante allaient suffire à faire entrer le monde dans les affres du cataclysme nucléaire civil, avec son lot de misères en tous genres, pour des dizaines ou des centaines d'années.

C'était quelques jours après une catastrophe qui, officiellement, a fait 31 morts, la plupart parmi les pompiers qui ont, sans vraiment savoir ce qu'ils risquaient, réussi à éteindre l'incendie qui a ravagé les locaux du réacteur n°4.

 

Dans les mois et les années qui ont suivi, on a "décontaminé", on a "nettoyé", on a délimité des "zones interdites", on a construit le fameux "sarcophage" ("qui mange la chair", en grec) au dessus des ruines du réacteur, on "tiré toutes les leçons", on a "sécurisé", on a pris en compte le "retour d'expérience"... et à Fukushima, une autre catastrophe (qui ne devait pas se produire) est arrivée, qui produira, comme chacun sait, ses milliers de cancers divers et variés, ses maladies chroniques, ses dépressions, ses malformations congénitales dont certaines confinent à l'horreur et à l'indicible (voir La supplication, Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, de Svetlana Alexievitch, traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain, qui a fait l'objet d'une diffusion sur France-Culture sous forme de feuilleton radiophonique).

 

Nous connaissons tous la formule : nous recevons la terre de nos parents pour la transmettre à nos enfants. Puissent nos enfants nous pardonner.

 

Faites de beaux rêves.

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 08:46

Non lieu là-bas (on clique ici), et maintenant relaxe ici. "Charlie", comme l'appelle affectueusement le Canard enchaîné, est donc relaxé, innocenté, blanchi, et le voici brillant comme le sou neuf qu'il croit être encore. Et avec lui, les coaccusés de cet "Angolagate" sont lavés de la plus grande partie et des plus graves accusations qui pesaient sur eux.

 

Ainsi, la justice, le Droit ont parlé.

Hors tout commentaire, je dois bien avouer ne pas trop aimer ces puissants sur qui pèsera toujours le soupçon du confortable accommodement avec la loi commune (celle qu'on applique au commun), et leur préférer le sourire d'un jeune homme et d'une jeune femme, certes bien éloignés de mes préoccupations, dont le bonheur a quelque chose de plus humain que les déclarations hypocrites au sortir d'une salle d'audience.

 

 

Faites de beaux rêves.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:29

Un fonctionnaire de France Telecom vient de s'immoler sur son lieu de travail. Par le feu. Mort atroce, spectacle insoutenable.

 

Douleur de la famille et des proches, des collègues, des amis.

 

Un simple fonctionnaire de France Telecom.

 

Le ministre de la fonction publique n'a pas fait savoir qu'il se rendrait aux obsèques de ce serviteur de l'Etat.

 

On n'attendait pas autre chose de lui. Nous sommes comblés.

 

 

Faites de beaux rêves.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:27

Chacun sait ce qu'il en est de la décision de la Cour d'appel (la Chambre de l'instruction, plus exactement) qui offre le bénéfice du non-lieu à deux policiers qui avaient été mis en examen pour défaut d'assistance à personne en danger, conformément aux réquisitions du Parquet (qui est sous la dépendance hiérarchique du ministre de la justice). Personne ne fera aux juges, fins juristes à ce niveau de fonction et de carrière, l'offense de dire qu'ils appartiennent à ce que certains ont appelé la "magistrature couchée", qui se différencie de la magistrature debout (le Parquet) et de la magistrature assise (les juges dits du siège).

 

Il y a encore quelques jours, nous avions droit aux délirantes déclarations des thuriféraires de l'actuel président de la République sur l'invasion des réfugiés tunisiens. Aujourd'hui, par cette décision, un autre message de mépris, si ce n'est de haine, est envoyé à des milliers de ceux qui se sentent solidaires ou proches de ces deux gosses morts grillés dans un transformateur électrique.

 

Et il ne se passe rien

 

Pas la moindre petite manifestation, pas de voiture qui brûle, pas d'émeute dans les "quartiers"

 

Il va falloir trouver autre chose

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:04

 

Il fallait être bien réveillé, ou du moins ne pas avoir trop envie d'aller se coucher hier soir, pour prendre sa voiture et aller chercher, à la descente de l'autocar, enfants et accompagnateurs retour de voyage scolaire en Italie. Six jours, dont deux fois 24 heures (et un peu plus) passés dans cet autocar, le reste à arpenter les rues de Rome pour y découvrir mille merveilles...

 

Fin de journée. Entre chien et loup.

Pas d'éclairage urbain. Pour certaines voitures, c'est feux de position (ou "feux de jour" pour les plus récentes), pour d'autres c'est déjà feux de croisement (excès de prudence?), pour d'autres enfin c'est rien du tout, puisqu'au fond il fait encore jour.

Arrêt au feu rouge. Selon la consigne, point mort, pied sur le frein, les mains sir les cuisses. Ne jamais manquer une occasion de se détendre.

Feu vert. Débrayage, première, accélérateur et patinage. Pas le moindre écart de trajectoire, du moins rien de perceptible.

Le coup de klaxon, le bruit du moteur, je sursaute, un bon petit coup de peur, la pensée qui va vite, mais pourquoi est-il là, sur la bande cyclable réservée, par nature, aux cyclistes...

 

En voilà donc un autre, de ceux qui refusent les contrôles techniques de leurs machines, de ceux qui veulent le droit de remonter les bouchons entre les files de voitures, qui protestent contre la perspective d'être flashés en cas de dépassement des limites de vitesse...

 

A la bonne heure, je me sens prêt à recevoir les leçons de morale de tous ceux qui voudront bien perdre mon temps à me les donner.

 

Bon courage à toutes et tous.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 17:06

C'est la mort dans l'âme que les responsables (mais de quoi, au juste?) de cette usine de Fukushima et les responsables (mais de quoi, au juste?) gouvernementaux japonais ont admis que l'accident du 11 mars a atteint le niveau 7 dans la hiérarchie des catastrophes qui ne doivent pas arriver, même s'il n'y a pas de "risque zéro", mais nous avons tout fait pour faire croire que cela n'arrivera pas...

 

Pour 20 ans, pour 50 ans, pour des siècles peut-être, on ne pourra plus vivre dans un rayon d'une bonne cinquantaine de kilomètres autour de cette centrale, sans compter qu'on ne sait pas encore de quelle façon, ni à quel prix, on pourra neutraliser cette source de rayons ionisants de toutes sortes. Et rien ne nous dit que la même chose ne va pas se reproduire demain ailleurs, et rien ne nous garantit que les "exploitants" de centrales auront, pour des dizaines d'années, les moyens de protéger faune et flore des dangers sans cesse renouvelés.

 

Bref, on peut dire que tout va bien, puisque rares sont les "responsables" qui acceptent de commencer à discuter de l'opportunité de confier à la seule industrie nucléaire des responsabilités q'elle semble plutôt en peine d'assumer.

Je parle évidemment de la France, fer de lance de l'électro-nucléocratie.

 

France, mère des Arts, des Armes et des Lois.

 

Faites de beaux rêves.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 18:01

M. Julien Collet, directeur de l'environnement et des situations d'urgence à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a dit:

 

"La présence de MoX et donc d'oxydes de plutonium comme combustible dans le réacteur n°3 [à Fukushima] n'augmente pas la nature où l'importance du risque".

 

Nous avons tous compris où il allait passer ses prochaines vacances.

 

Faites de beaux rêves.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:21

C'était donc le 11 mars. Tremblement de terre violent à proximité des côtes, tsunami monstrueux emportant tout sur son passage, dévastation générale.

Le long du rivage, une centrale nucléaire produisant de l'électricité, une bonne vieille centrale, à eau bouillante, exploitée par une entreprise privée pas tout à fait irréprochable dans le domaine de la sécurité (quant à celui des relations argent-pouvoir politique, on n'en dira rien).

Dans ces chaudrons du diable, tout ce qu'il faut pour nous rassurer, jusqu'à ce "MoX" dont Areva est si fière, ce "combustible" qu'elle fabrique à partir des déchets (entre autres japonais) qu'elle retraite dans son usine de La Hague, à la pointe nord du Cotentin. Et dans ce "MoX", on trouve un des produits les plus dangereux qu'on ait jamais inventé, le plutonium 239.

 

On nous a d'abord dit que tout allait bien, puis que tout n'allait pas si mal, que si ça pétait de partout cela ne mettait personne en péril, que si ça fuyait par tous les bouts c'était sans danger, que les enceintes, le béton de deux mètres d'épaisseur, l'acier inoxydable, le confinement, et surtout la compétence, la responsabilité, la maîtrise, la technicité nous garantissaient de tout risque.

 

Aujourd'hui, l'iode se promène partout, le césium se disperse au gré du vent ou des courants, et même le plutonium aurait décidé d'aller faire un tout dans le sol, certainement à la recherche d'une petite nappe phréatique où passer les 50.000 prochaines années...

 

Ne nous leurrons pas. Au Japon comme en France, tout sera fait, tous les moyens (même légaux) seront employés pour sauver l'industrie électro-nucléaire...

 

Une fois de plus, j'écris cette monstruosité. Vivement l'accident nucléaire majeur en Europe occidentale, en France, dans la vallée du Rhône, sur les bords de Loire, dans la banlieue de Bordeaux, au pied des Ardennes, que le traumatisme soit enfin assez grand pour mettre un terme à ce délire sciento-faustien qui nous mène droit au cataclysme.

 

 

Faites de beaux rêves.

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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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