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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:52

En dehors du fait que plus de moitié des électeurs invités à voter ne se sont pas déplacés, en dehors du fait que l'actuelle majorité parlementaire a tout fait pour ne pas parler de ce scrutin, et que ses membres ont tout fait pour ne pas apparaître comme appartenant à la majorité soutenant le président de la république, en dehors du fait que ce qu'on appelle la gauche est trop occupée par la préparation interne et externe du scrutin de 2012, en dehors du fait que ceux qui seront élus dimanche prochain ne seront en place que pour un temps réduit, réforme des collectivités locales oblige, force est de constater que la démocratie est bien malade en France.

 

En effet, voir les ennemis de la démocratie (l'extrême-droite, pour ne pas la nommer) et ceux que la démocratie dérange (la droite extrême présente aux plus hauts niveaux de l'Etat) s'entendre pour trouver dans "l'autre" plus un ennemi qu'un adversaire respectable, est loins d'être réjouissant.

 

Ne nous étonnons pas d'avoir à récolter un jour les fruits empoisonnés des arbres que nous n'avons pas pu, ou pas su, ou pas eu le courage d'arracher.

 

 

Faites de beaux rêves.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 15:47

On commence donc à en trouver partout, de ces radio-éléments, radio-isotopes, radio-nucléïdes de tous poils, y compris là où on ne s'y attendait pas (dans l'eau du robinet, à Tokyo - une aubaine pour les marchands d'eau en conserve), et là où on ne devait pas manquer d'en trouver malgré les discours (les mensonges, ici c'est synonyme) rassurants des marchands d'électricité d'origine nucléaire, c'est à dire dans le lait que font les vaches qui broutent de l'herbe) et les légumes verts, en attendant les poissons et tout le reste...

 

Et il commence à être question de "l'après-crise", alors même que la crise n'est pas terminée et que, chacun son tour, ces chaudrons atomiques font couler des sueurs froides à ceux qui prétendent en maîtriser les caprices. Dix, vingt, trente ans d'évacuation d'une zone de trente kilomètres autour de la centrale accidentée, des "tonnes" d'électricité pour refroidir enfin ces réacteurs pendant des années et des années, la construction d'un sarcophage (en grec, "mangeur de chair") au dessus de ces monstres, sans oublier, ou en oubliant peut-être, que là où a eu lieu un tremblement de terre ou un tsunami, un autre peut toujours avoir lieu.

 

Et malgré tout cela, encore et toujours les mêmes discours sur ce nuage qui va nous passer au-dessus de la tête dans deux ou trois jours, et qui sera sans danger puisque les doses radio-actives délivrées seront "mille à dix-mille fois" moins importantes que celles induites par le nuage de Tchernobyl il y aura 25 ans dans un mois et demi.

 

Mais, à l'époque, le nuage radio-actif n'avait pas survolé la France. Comment calcule-t-on alors "mille ou dix-mille fois moins" que rien du tout?

 

Il y a bien des années, Raymond Devos faisait rire en expliquant les nuance entre trois fois rien et deux fois rein, ou encore rien du tout.

Dix-mille fois rien? J'ai du mal à trouver cela drôle.

 

 

Faites de beaux rêves.

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 11:38

Ont-ils pensé que nous en avions assez, de ces images presque fixes d'une centrale nucléaire en perdition, ont-ils pensé que la fidélité des téléspectateurs (et leur absorption de doses massives de publicité) passait par un renouvellement des sujets, ont-ils pensé qu'il ne serait pas mauvais de rapprocher la menace (depuis quelques heures, la Lybie) de nos contrées occidentales...

 

Rien n'est réglé au Japon. Ni le recensement des victimes décédées - dont beaucoup sont désormais perdues pour toujours, emportées par les flots. Ni la prise en charge de centaines de milliers de personnes déplacées et hébergées dans ces "centres d'accueil" où l'atmosphère est depuis longtemps irrespirable, à tous les sens du terme. Ni la manière dont devra se faire la reconstruction dans des zones dévastées, et souvent inhabitables pour des années. Ni l'évaluation au moins sommaire des conséquences de la destruction de cette centrale électro-nucléaire qui ne compte pas moins de six réacteurs.

 

On nous montre moins d'images, on nous dit que le rayonnement a baissé, les spécialistes et autres consultants vont partir en week end, mais tout reste à faire, et surtout, les japonais ont désormais sur les bras une verrue purulente d'où va suinter pendant des décennies, des siècles, la mort lente à laquelle il faudra payer chaque jour son tribut.

Car rien n'est réglé en Ukraine, rien n'est non plus réglé aux États-Unis ou sur les atolls du Pacifique où ont eu lieu tant d'essais de bombes A ou H, rien n'est réglé dans l'Oural où eut lieu une autre catastrophe à la fin des années 50 (Kychym), et rien ne sera réglé d'un coup de baguette magique au Japon.

 

Il ne reste plus qu'à ceux qui ont dans la science - et ceux qui la manipulent - la confiance qu'elle mérite, c'est à dire une confiance aussi relative que vigilante, à tenter de faire comprendre qu'un peu plus d'électricité, et un peu moins cher, ne vaut pas le risque pris.

 

Faites de beaux rêves.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 19:36

On n'a vu que des ombres, sur le gris-bleu du ciel, celles de ces braves et solides Chinook que construit depuis cinquante ans Boeing et qui ont été de toutes les missions, de toutes les guerres, avec, au bout d'une élingue, un gros sac plein d'eau qui s'ouvre. Et puis, cela a été ces splendides camions rouges, flambants neufs, équipés des super-lances censées noyer les quatre réacteurs en perdition sous des tonnes d'eau. Et, cerise sur le gâteau comme on dit, quelques brèves secondes sur un de ces fameux drones américains qui font merveille (!) en Afghanistan et en Irak (et peut-être ailleurs aussi).

 

On allait dire "enfin, les grands moyens". Ou plutôt, enfin des moyens à la hauteur de la catastrophe...

 

Ce qu'on sait, aujourd'hui, c'est qu'il y a pas mal d'années les américains s'étaient étonnés de l'emplacement des groupes électrogènes de secours situés en dessous du niveau de la mer... que cette centrale (le "power plant" au sens large) devait résister à un tremblement de terre d'une magnitude de 7 (cette fois, ce fut prsque 9)... que la protection contre les tsunami était prévue pour une vague de 5 mètres (et ce fut bien plus)...

 

Ici, comme ailleurs, quel que soit le régime politique, quelles que soient les technologies, le premier impératif des constructeurs semble de faire bon marché d'une part, et secret d'autre part.

 

Car s'il y a une grande constante chez tous les nucléaristes, c'est le mensonge.

 

 

Alors, la démocratie...

 

 

Faites de beaux rêves.

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 15:48

Il y a un peu plus d'un an, un tremblement de terre a fait des dizaines de milliers de morts (on a dit 250.000) à Haïti, et on se souvient des images terrifiantes de ces milliers de maisons et bâtiments écroulés.

Le 26 décembre 2004, une vague énorme, déjà, faisait près de 300.000 morts en Indonésie et dans les pays limitrophes de l'océan indien. Mais là, très peu d'images.

Il y a huit jours, un tremblement de terre, suivi d'une aute immense et inimaginable vague, a détruit des dizaines de villes et de villages dans le nord du Japon, faisant, malgré des bilans aussi précis qu'invraisemblables et donc peu rassurants (sur la confiance qu'on doit mettre dans ceux qui les donnent), des dizaines de milliers de victimes.

 

On aurait pu croire qu'on allait en rester là. Et apprendre, au fil des mois et des années que, autant les Haïtiens seraient laissés, sans que cela émeuve quiconque, à leur misère et à leurs tentes faites de bâches bleues plus ou moins étanches, autant les Japonais, citoyens de la troisième puissance économique mondiale, armés de leur courage et de leur capacité à relever les défis que la nature leur lance, auraient tôt fait de relever leurs ruines et de relancer leur activité économique un temps freinée.

 

Mais les choses ne sont pas si simples.

 

Si les Haïtiens ont pour principale source d'énergie la bouteille de gaz ou le jerrycan de pétrole, puisqu'il y a bien longtemps qu'ils ont coupé (pour l'exporter – voir l'histoire de l'île) ou brûlé la plus grande partie de leurs forêts, les Japonais, eux, fonctionnent en grande partie à l'énergie nucléaire, produite par des centrales [qui] étaient jusqu'alors considérées comme les plus sûres du monde, disposant des meilleurs techniciens. C'est dire l'ampleur du choc,nous dit Lionel Taccoen (suivre ce lien à son sujet). On notera tout de même sans trop en rire que c'est en France que se trouve le secteur nucléaire le plus sécurisé, du moins c'est ce qu'affirme le président de la république. "C'est nous les champions, c'est nous les champions...", dit la chanson. Notre président doit manquer d'informations, ou croire, comme beaucoup, que quand on passe tout près de la catastrophe sans qu'elle ait lieu, c'est comme s'il ne s'était rien passé.

Et il y a bien des années, ce qui était alors une sorte de monopole d’État, a été privatisé (sur le modèle états-unien), et ce sont donc des entreprises privées, à but lucratif, qui produisent, distribuent et vendent le courant électrique au Japon. Parmi elles, TEPCO, dont l'efficacité est reconnue, mais dont le mauvaise foi et la forte tentation du mensonge a également été relevée. On peut voir ici (clic sur ce lien) ce qu'on trouve sur le site du Monde.fr.

 

Quoi qu'il en soit, en ce mercredi après-midi, la peur, sinon la panique, commence à gagner des Japonais apparemment flegmatiques. Et ce ne sont pas les images que diffuse la télévision qui vont les rassurer.

 

Quant aux Français, qui disposent du plus grand nombre de réacteurs par habitant, des meilleurs techniciens, des meilleurs ingénieurs, de la meilleure technologie, et du meilleur président de la république, ils ne pouvaient pas non plus être rassurés en entendant Mme Nathalie Kosciusko Morizet, ministre de l'écologie mais pas pour autant écologiste, donner l'impression de vouloir d'une main défendre la nucléocratie, et tenter de l'autre de se faire pardonner, quelques phrases plus loin, en expliquant que, contrairement à certains autres de ses amis, à tout prendre, elle voterait plutôt DSK que MLP au second tour.

 

Il est bien triste de voir nos "responsables" descendre si bas, et si vite.

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 08:58

Le tremblement de terre, accompagné de la vague géante du tsunami, c'était il y a cinq jours. Et aussitôt, on donnait des chiffres, des évaluations ridicules en comparaison des images diffusées aussitôt sur toutes les chaînes de télévision du monde... Tout le monde a compris, on comptera des milliers, des dizaines de milliers de morts et de disparus. Une hécatombe.

 

Et personne pour s'interroger sur les conséquences dans cette centrale nucléaire implantée au bord de la mer (il faut bien de l'eau, et en quantité, pour refroidir ce chaudron du diable). Au contraire, les discours étaient rassurants, puisque, par définition, tout était prévu, et que l'imprévu ne pouvait pas se produire.

Hélas, l'improbable, ce qui ne pouvait se produire qu'une fois tous les mille ans , tous les dix mille ans peut-être (fascinantes merveilles des calculs probabilistes!), a eu lieu sous nos yeux.

 

Et depuis cinq jours, il n'est pas de journal télévisé qui ne nous annonce une mauvaise nouvelle supplémentaire, accompagnée, évidemment, des commentaires aussi détachés que rassurants de consultants tarifés, évidemment, compétents, c'est moins sûr), de spécialistes (autoproclamés) dont les arguments descendent jusqu'au "mademoiselle, cela fait plus de 40 ans que je suis dans le nucléaire, ce qui me donne une certaine compétence". Il est vrai que, du côté des dirigeants du PCC (parti communiste chinois), cela fait plus de 60 ans qu'on est dans la dictature militaire sanglante, ce qui leur donne aussi certaine références...

 

Du côté du gouvernement japonais, dont on nous dit qu'il fait preuve de "transparence", les nouvelles sont rares, et on imagine la difficulté qu'il y a eu à avouer que la radio-activité ambiante avait crevé tous les plafonds à Tokyo même, et qu'il fallait évacuer une zone de 20 kilomètres autour du site (et rester calfeutré chez soi dans un rayon de 30 kilomètres), ce site où un incendie aurait été maîtrisé "avec l'aide de l'armée américaine". Ce sont des spécialistes américains qui ont, qui auraient donc pris le contrôle des opérations, les japonais étant déjà débordés ou dans l'incapacité d'agir?

 

Mais que se passe-t-il dans ces bâtiments dont on ne voit, de très loin, que les silhouettes immobiles?

 

Faites de beaux rêves.

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 19:52

Il ne faut pas s'en laisser conter, parmi les magistrats, il y en a d'excellents, de mauvais, et une immense majorité qui ne demande qu'à faire convenablement son travail. Cette situation est celles des coiffeurs, des mécaniciens, des vérificateurs d'ascenseurs, des conducteurs de travaux... Les magistrats sont des êtres humains très ordinaires.

 

À une nuance près. Pour beaucoup, ils pensent avoir la vocation ("être appelés à") de se mettre au service de la justice, de servir à la fois la loi et la société en participant à la résolution de ses conflits, individuels ou collectifs. Tout en sachant qu'ils pourront être détestés par la moitié des gens qu'ils rencontreront, sans pour autant satisfaire l'autre moitié. Choisir la magistrature, c'est un peu entrer en sacerdoce, comme le faisaient, et le font encore souvent, ceux qui choisissent l'enseignement.

 

Demain, les magistrats, pas tous mais un grand nombre, seront "en grève" (ils n'en ont pas le droit, pourtant, et risquent des sanctions) et iront dans la rue pour protester contre le traitement qui est fait à la justice par ce gouvernement (mais cela ne date hélas pas d'hier), et plus particulièrement par le président de la république qui a prononcé des paroles que sa fonction lui interdisait pourtant, puisqu'il est "garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire". Et tout cela en saisissant le triste prétexte d'un crime abominable vraisemblablement commis par un personnage (qui n'est pas "présumé coupable" mais "présumé innocent") connu pour une multitude de délits. Mais il faut dire que, en matière de crimes affreux, on peut toujours faire mieux, ou plutôt pire, et il n'est qu'à lire ce que raconte Me Mô pour s'en convaincre. Et ce n'est pas pour cela qu'il faut se jeter là-dessus comme sur un os à ronger en désignant des responsables, des dysfonctionnements, des fautes...

 

Les magistrats, quelle que soit leur fonction, sont, il faut le dire, exaspérés, ulcérés, excédés, par tant de mauvaise foi, et ne veulent plus servir de boucs émissaires à des hommes politiques qui, il faut bien le dire, sont plus irréprochables verbalement que dans leurs actes...

 

Et c'est en cela qu'au fond ils défendent nos institutions, l'idée que nous nous faisons de la République, ce bien commun que nul ne peut s'approprier, ou encore vendre à l'encan.

 

 

Faites de beaux rêves

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 22:13

 

Dans quelques heures, le Front National [dont il faut rappeler qu'il a tout simplement usurpé le nom d'un mouvement de la Résistance de la période 1940-1945] aura un nouveau président, et il n'est pas hasardeux de dire que ce sera très certainement Mme Marine Le Pen, l'une des trois filles de l'actuel président et fondateur. Ce changement à la tête de ce parti aura lieu à l'occasion d'un congrès qui va se tenir à Tours, une ville qui s'est donné une certaine célébrité il y a bien des années quand le maire de cette ville fit campagne (en 1974), et qui est depuis retournée à sa tranquillité provinciale.

 

Congrès de Tours. On a de la culture, chez les "frontistes", et le sens des symboles. C'est pourquoi on peut imaginer que Marine, et peut-être son père, veulent tourner à cette occasion une page entre un passé qui reste sulfureux, et un avenir où la concurrence va certainement s'exacerber avec une UMP (rappelons le sens du sigle: union pour un mouvement populaire, ce n'est pas une blague) qui cherche plus que jamais à recruter à droite, jusque dans les extrêmes. Le Front national ne renonce pas, en effet, à devenir un grand parti qui, s'il ne peut gouverner, ou gouverner seul, veut influer fortement et sur les idées et sur les actes.

 

Mais, au fait, je crois qu'il n'est pas inutile de rappeler ce que fut le Congrès de Tours.

 

Faites de beaux rêves.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 22:45

 

 

Me voici devant le bureau de poste près de chez moi, ce matin. Ce bureau qui a été peu à peu transformé en "machine à sous" (c'est fou le nombre d'automates qu'on a installés ces derniers temps) et en épicerie de campagne où on vend maintenant des DVD (fonds de cartons...), des cartes de géographie, des panneaux plastifiés représentant les tables de multiplication, et des tas d'autres objets en rapport direct, évidemment, avec le service public d'acheminement du courrier.

 

Le personnel est devant la porte, et fait signer une pétition contre... contre quoi?

L'idée est séduisante, en effet, de tout réaménager dans ce bureau (refait à neuf il y a seulement six ans), pour y installer davantage d'automates en ne laissant qu'un seul guichet sur les trois existant aujourd'hui. Moins de personnel, moins de frais, moins de charges... quand on ne remplace qu'un fonctionnaire sur deux partant en retraite,il faut bien s'adapter.

 

Mais les gens qui travaillent ici, ces fonctionnaires, ces privilégiés qui vont bientôt bénéficier du futur statut de "contractuels sur objectifs", ne sont pas d'accord. Ils disent que le service à la clientèle (moi je dis service rendu aux usagers) va souffrir de cette réorganisation, et que les emplois vont être fragilisés, précarisés. Il est vrai que La poste est un des premiers employeurs avec CDD de France, tout comme la SNCF dispose de la plus grande flotte de camions de France.

 

Alors j'ai signé la pétition.

 

En me demandant si dans deux ou trois ans je n'aurai pas à en signer une autre, contre la fermeture pure et simple de ce bureau de poste pour cause de non rentabilité.

 

Faites de beaux rêves.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 18:14

Il va retrouver, ou il a déjà retrouvé, son siège de député de la 21ème circonscription du Nord (dont une partie de Valenciennes), gardé bien au chaud par sa suppléante, Mme Cécile Gallez qui retourne à un statut qui n'a rien d'enviable. Espérons que M. Borloo lui trouvera une occupation qui compensera, au moins partiellement, la déception de ne plus être députée.

On imagine que l'ancien ministre reprendra certainement ses activités d'avocat d'affaires (il fut le conseil d'un certain Bernard T., au temps de sa splendeur) parallèlement à son mandat de député.

 

Mais où ira-t-il loger, à Paris comme dans ce département du nord qu'il rêvait de marquer de son empreinte. Certainement pas dans une maison à 100.000 euros ! C'est dans un article en bas de page 5 du journal La Croix (8 décembre 2010) que je trouve des informations très intéressantes qui montrent à quel point il y a loin de la coupe aux lèvres.

En 2005, le dynamique ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, lançait le programme des maisons à 100.000 euros. L'idée n'était pas mauvaise, de faire payer un remboursement équivalent à un loyer pour l'achat de la maison (prêt à taux zéro, donc intérêts à la charge de la collectivité), tout cela au prix d'une innovation juridique puisque le sol restait la propriété des municipalités au moins durant la phase de paiement de la maison, et ne devait être acquis qu'ensuite.

100.000 euros, même si c'était une somme, cela restait globalement abordable. Mais très vite, comme tout ou pratiquement tout ce qui fait l'objet de telles annonces, les prix ont dérapé de 30 à 50% selon l'article. De plus, la qualité était si peu au rendez-vous que la ville du Havre (mais vous le saviez déjà) a été amenée à geler les travaux en cours quand elle a constaté ce qu'il advenait des maisons déjà construites : fissures des murs, portes ne fermant plus, infiltrations, fenêtres laissant passer les courants d'air.

Et on est loin de voir le bout du tunnel. Européen convaincu, le dynamique ministre de l'écologie ne pouvait certainement s'opposer à ce que ce soit une entreprise lettone (capitale de la Lettonie ? Vous avez dix secondes) qui emporte le marché, entreprise peu au fait de la réglementation française (étonnant, non ?), ayant eu du mal à communiquer avec les exécutants sur place (étonnant, non ?), et suivant un procédé de construction qu'elle était seule à connaître (étonnant, non ?).

 

Heureusement, cette formule n'a ,séduite "que" 600 propriétaires, ce qui limite tout de même les dégâts. A l'époque, Jean-Louis Borloo, le dynamique ministre de l'écologie, espérait 30.000 contrats de ce type. Si on ne peut que plaindre ceux qui ont été trompés par les discours ministériels, on sait tout de même qu'on a évité un scandale de grande ampleur qui n'aurait pas déparé dans la longue histoire de ces solutions miraculeuses au problème du logement, ce qui a permis à certains de laisser leur nom dans l'histoire des mauvais coups portés aux petites gens.

 

 

Faites de beaux rêves.

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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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