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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 10:25

Communiqué Ligue des Droits de l'Homme

Paris, le 17 juin 2010

 

Révolte ouvrière en Chine contre la surexploitation

 

Les conflits sociaux dans la province du Guangdong, à Foshan (usine Honda, 1 700 ouvriers) et à Shenzhen (usine Foxconn, 400 000 ouvriers) montrent la condition ouvrière désastreuse et le mépris des droits de l’Homme qui prévaut dans les unités industrielles chinoises, y compris les plus modernes.

 

Dans le système actuel des relations sociales, rien ne permet de régler les conflits d’entreprise : ni comité d’entreprise, ni comité d’hygiène et de sécurité, ni représentation élue du personnel, ni droit de grève officiellement et sincèrement reconnu. Nombre de salaires restent impayés ou sont versés avec retard, les décisions de licenciements sont discrétionnaires, les dépassements d’horaires de travail se pratiquent librement.

 

Les conflits dans ces entreprises – japonaises ou taïwanaises – mettent l'accent sur l’existence de conflits du travail dans les entreprises à capitaux étrangers. Celles-ci jouent un rôle décisif dans l’expansion industrielle chinoise. Foxconn, par exemple, avec ses 800 000 salariés sur l’ensemble du territoire, assure à elle seule 3,9 % des exportations du pays. L’importance des effectifs de ces firmes facilite l’apparition de conflits de masse ; leur situation dans les zones industrielles à statut spécial rend plus aisée la diffusion de l’information vers l’étranger. Mais, il ne faut pas oublier que la grande majorité des salariés du pays sont employés par des sociétés chinoises de moindre notoriété, parfois sous-traitantes de firmes étrangères, où les conditions de travail et les niveaux de rémunération sont bien inférieurs, et que les possibilités de faire respecter les clauses de contrats du travail sont souvent inexistantes.

 

La Ligue des droits de l'Homme attire l'attention des citoyens consommateurs sur la double nature de la stratégie d'installation des firmes multinationales en Chine. Non seulement, les entreprises étrangères, y compris les sociétés mixtes à capitaux français, tirent un énorme profit du bas niveau des rémunérations, mais en outre, pour accroître leurs bénéfices, elles utilisent la faiblesse du droit du travail, le défaut de représentation authentique du personnel, l’absence d’assurances sociales et de formation à la sécurité ainsi que la corruption des gestionnaires locaux. Elles construisent ainsi leur prospérité sur le mépris du droit du travail et sur la privation des droits de l'Homme, organisés par le régime chinois.

 

Ainsi, la mise en concurrence sans freins des systèmes sociaux, ajoutant à la destruction des emplois du « Nord » la surexploitation des salariés du « Sud », globalise-t-elle la négation des droits. La LDH appelle à garantir, au contraire, l'assujettissement du commerce international aux normes sociales et environnementales et au droit international des droits de l'Homme, afin que la dynamique des échanges internationaux contribue non à la surexploitation des êtres humains, mais à la mondialisation des droits.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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commentaires

NaOH 28/06/2010 09:52



Bonjour,


Désolé de vous avoir importuné. Je ne m'étais pas aperçu que, contrairement à moi, vous étiez un sinologue averti et bien informé...


 


A+



Régis Hulot 28/06/2010 16:50



Bonjour NaOH,





Sinologue averti..? bien informé..? Pas plus que le premier quidam qui passe...





Merci de votre visite sur ce blog.





RH



NaOH 28/06/2010 00:23



Bonsoir,


 


Puis-je me permettre de vous suggérer ce blog : http://www.refletsdechine.com


 


L'avis d'Alain me semble beaucoup plus nuancé et plus proche de la réalité chinoise que tous ces jugements à l'emporte-pièce qui saturent les médias occidentaux...


 


A+



Régis Hulot 28/06/2010 09:01



Aucune raison, à mes yeux, de censurer une information, surtout quand elle concerne un pays qui demeure une dictature (aucune des libertés - de conscience, de la
presse, d'association, d'aller et venir - qui nous paraissent "aller de soi" n'y est garantie) où la corruption règne au vu et au su de tout un chacun.


On pourra donc aller "décrouvrir" la Chine, ou du moins ce qu'elle veut bien laisser voir d'elle à travers les consignes de ses dirigeants.


Faites de beaux rêves.



M.Sébastien 22/06/2010 11:44



Ma chine ou le travail de
l'execution


Quand une jeune diplômée raconte sa première mission...



Régis Hulot 22/06/2010 14:47



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J'avoue ne pas avoir bien suivi.



médor 21/06/2010 13:29



"...montrent la condition ouvrière désastreuse et le mépris des droits de l’Homme qui prévaut dans les
unités..."


"... qui prévalent ... " eut été plus adroit, au moins...



Régis Hulot 21/06/2010 17:42



Certes, certes... vous excuserez mon copier-coller sans vérification. Je transmettrai certainement à la LDH.





Je risque cependant de me faire répondre que, pour l'injection létale (ou léthale?), l'important n'est pas dans le bras (droit ou gauche) qui reçoit la seringue,
tout comme n'est pas très importante la question "manches longues? manches courtes?" posée aux enfants mutilés par des guerriers ivres de haine, mais dans le fait qu'on a ou pas le droit
d'infliger la mort, qu'on a ou pas le droit de mutiler... ici qu'on a ou pas le droit de s'enrichir au prix de l'exploitation de son semblable, qu'on a ou pas le droit de payer moins cher son MP3
parce qu'il est fabriqué par des esclaces définitivement "modernes".





Peut-être auront-ils raison... à moins qu'ils n'aient tort.





Merci de votre visite.





RH



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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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