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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 21:49

 

Au fait, c'était quand le tremblement de terre qui avait rasé une bonne partie de Port-au-Prince et quelques autres localités, provoquant des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de morts, de blessés graves soignés à la va-vite, amputés à tout de bras, détruisant de milliers d'habitations, jetant à la rue, et quelle rue, plus pauvres encore que des pauvres, des milliers et des milliers de personnes hagardes et désespérées.

 

On s'en souvient, de cette armée américaine arrivée sur place et cherchant à tout organiser, à qui on a fait tous les reproches possibles. Mais les USA ne sont pas loin, à quelques heures d'avion à peine, et à ce moment-là la France ne disposait pas encore de Air-Sarko-One, le jouet que vient de s'offrir le président de la République, et encore moins d'une flotte de ce A400M qui doit, quand il volera, nous permettre de nous "projeter" à l'autre bout du monde pour les besoins d'une politique étrangère dont on discerne encore mal les contours - Adieu Bernard.

 

Aujourd'hui, le sort s'acharne. Après les Duvalier, le Jeanclaudisme, les gourous nouveaux de la démocratie qui partent avec la caisse, la misère endémique, l'exploitation éhontée de 90% de la population par une caste que je préfère ne pas qualifier, et le tremblement de terre, voici le choléra.

 

Le choléra est-il une fatalité? Oui.

Le choléra est-il une fatalité à Haïti? Oui.

Pourquoi.

Parce que ceux qui avaient promis argent et moyens en sont encore à se demander si leurs procédures administratives sont bien respectées (respecter une procédure, c'est garantir le travail et respecter la dignité du préposé au respect des procédures), à se demander si cet argent parfois donné, souvent prêté, sera bien dépensé (vérifier si la dépense est justifiée, c'est garantir le travail et respecter la dignité du préposé à la vérification des procédures), à se demander si Haïti est bien le bon endroit où envoyer son bel argent (vérifier si la destination est bonne, c'est garantir le travail et respecter la dignité du préposé à la vérification des destinations)...

 

Pour arrêter le choléra à Haïti, ce choléra qui tue des pauvres (mais qui risque d'atteindre quelques riches, ce qui est plus gênant), il faut tout simplement cesser de dépenser des sommes inouïes dans les industries de guerre pour les mettre immédiatement au service des industries de paix. Il faut envoyer sur place des tonnes et des tonnes d'eau potable, des centaines de médecins, infirmiers et secouristes, et reconstruire gratuitement tout un pays qui ne peut survivre seul.

 

Ou, pour arrêter le choléra, il faut avoir le courage de quitter ce pays, établir un cordon sanitaire, et laisser la "maladie faire son œuvre" en programmant d'y retourner dans six mois quand tous les Haïtiens seront (peut-être) morts.

 

 

Faites de beaux rêves.

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Published by Régis Hulot - dans Brut de décoffrage
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"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux  l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon.

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